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L’inquiétante montée de la violence dans les lycées

De violents heurts ont éclaté mardi aux abords de trois lycées de Saint-Denis en Seine-Saint-Denis. Tentatives d'incendie, destruction de mobilier urbain, la violence est montée d'un cran dans les établissements du département.

Mardi, les élèves et les enseignants du lycée Suger ont assisté impuissants à une descente de casseurs. En milieu de matinée, un groupe de jeunes a réussi à pénétrer dans cet établissement de Saint-Denis, jetant fumigènes et renversant de l'essence dans les escaliers. Une petite centaine d'individus, dont certains étaient armés de barres de fer, a ensuite pris la direction du centre-ville de Saint-Denis, dégradant du mobilier urbain, avant de s'introduire dans deux autres établissements. 

Des faits qui font écho à des violences survenues ces derniers mois dans les lycées, comme en octobre dernier au lycée Hélène-Boucher de Tremblay-en-France. Des individus s'étaient alors attaqués à l'établissement à l'aide de cocktails Molotov, la proviseure avait été blessée. 

La crainte d''un drame" à venir

Mais mardi, l'ampleur du mouvement qui a conduit à l'interpellation de 55 jeunes dont 44 mineurs inquiète particulièrement le personnel éducatif.

"Hier on a franchi une nouvelle étape dans la violence puisque d'habitude ce sont plutôt des scènes de siège auxquelles on assiste. Là il y a eu une tentative d'attaque, on peut appeler les choses par leur nom, avec tir de mortier et fumigènes dans les couloirs du lycées, des choses qui un jour ou l'autre si elles continuent ainsi déboucheront sur un drame", prévient Philippe Tournier, secrétaire général du syndicat des personnels de direction. 

Sur place, personne n'a pu empêcher ces bandes d'entrer dans les lycées. De l'aveu des professeurs, la situation les a laissés impuissants face à des individus déterminés. 

"Il y avait des espèces de petits groupes qui se déplaçaient et qui essayaient de mettre le feu à différents endroits. C'était assez difficile de contenir, les élèves étaient relativement sur un mode un peu agressif, ce qui est plutôt inhabituel", confie Véronique, professeur au lycée Suger et membre du syndicat Snes. 

Une "dérive générale" des mouvements lycéens

Depuis le début du mouvement lycéen contre les violences policières en marge de l'affaire Théo, des incidents et des heurts ont également été constatés en dehors de la Seine-Saint-Denis. A Paris notamment, plusieurs chefs d'établissement ont été blessés.

Pour Philippe Tournier, ce type d'actes illustre "une sorte de dérive générale de ces mouvements" lycéens qui se durcissent d'année en année. "Ce qui frappe, c'est leur dégradation régulière vers de plus en plus de violence. Il y a dix ans, il y avait déjà des blocages de lycée, on n'assistait pas à des scènes de cette nature", poursuit-il, ajoutant que ces heurts s'inscrivent dans un contexte de "difficultés sociales générales". 
Carole Blanchard