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Jugé pour avoir aidé sa femme à mourir: trois ans de prison avec sursis requis contre Jean Mercier

Jean Mercier à l'ouverture de son procès mardi, à Saint-Etienne.

Jean Mercier à l'ouverture de son procès mardi, à Saint-Etienne. - Philippe Desmazes - AFP

Le parquet a décidé de requérir 3 ans de prison avec sursis à l'encontre de l'octogénaire qui avait aidé sa femme à mourir en 2011. Jean Mercier est poursuivi pour "non assistance à personne en danger".

Le procureur de Saint-Etienne a requis ce mardi une peine minimum de 3 ans de prison avec sursis contre Jean Mercier. Cet homme de 87 ans est jugé par le tribunal correctionnel de Saint-Etienne pour avoir aidé son épouse malade à mourir.

L'homme, poursuivi pour "non-assistance à personne en danger" avait aidé en 2011 son épouse à décapsuler des médicaments à sa demande pour qu'elle les avale. Jean Mercier était ensuite resté assis près de son épouse avant que cette dernière ne décède. 

Son épouse avait tenté plusieurs fois de se suicider auparavant. Après son décès, Jean Mercier avait fait appelé un médecin et expliqué ce qu'il venait de faire. Le médecin avait alors prévenu la police.

Le prévenu réclame une loi sur la fin de vie

Le procureur de la République, Jean-Daniel Regnauld, a reproché au prévenu non pas d'avoir aidé à sa femme à se suicider mais la non-assistance à personne en danger, en estimant que Jean Mercier aurait pu appeler les secours dans le laps de temps entre l'absorption de médicaments mortelle et le décès de son épouse. "Il avait possibilité d'agir et il ne l'a pas fait parce qu'il avait peur de se faire réprimander si elle revenait à la vie. Ce n'est pas très glorieux mais il avait peur d'elle", a ajouté le magistrat.

Pendant l'audience, l'octogénaire avait indiqué qu'il n'avait "pas de regrets" et qu'il souhaitait même être condamné, tout en réclamant une loi digne de ce nom sur la fin de vie. "Si vous pensez que je suis l'homme décrit par le procureur, je suis un lâche qui mérite la prison sans sursis", a déclaré le prévenu au tribunal. Le jugement a été mis en délibéré au 27 octobre. Jean Mercier risque cinq ans de prison et près de 75.000 euros d'amende. 

la rédaction avec AFP