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Jugé en appel pour fraude fiscale, le couple Balkany reconnaît une "faute" mais donne ses "raisons"

Patrick et Isabelle Balkany - Image d'illustration

Patrick et Isabelle Balkany - Image d'illustration - AFP

Patrick et Isabelle Balkany sont jugés en appel à partir de ce mercredi dans le volet pour fraude fiscale. Si le couple, qui est apparu affaibli, reconnaît une erreur, il assure que l'argent non déclaré provenait d'un héritage familial.

Plusieurs choses ont changé contrairement à mai dernier. Patrick et Isabelle Balkany sont désormais deux pour affronter les juges. Absente en première instance après une tentative de suicide, Isabelle Balkany se tient cette fois devant la cour d'appel de Paris, qui rejuge le couple pour "fraude fiscale" à partir de ce mercredi. S'ils font bloc face à la justice, c'est pourtant séparés d'une rambarde qu'ils comparaissent. Elle, libre, est assise sur le banc devant leurs avocats. Lui, détenu depuis le 13 septembre - et qui a vu sa dernière demande de mise en liberté être rejetée - est assis dans le box des prévenus.

Un couple uni, qui s'est échangé un baiser juste avant le début de l'audience, mais aussi un couple affaibli qui tente de se défendre. Lui par son état de santé et par la détention. Visiblement amaigri - il aurait perdu 20 kilos - derrières ses lunettes fumées, il a les traits tirés, les cheveux plus longs, se frotte les yeux et se prend la tête entre les mains. D'ailleurs, Isabelle Balkany réclame de pouvoir lui donner un médicament, tandis qu'il explique avoir été "opéré d'une tumeur au dos" et de devoir passer ses journées "allongé dans sa cellule" à cause de la douleur. Après un long débat, la cour accordera qu'on installe une chaise dans le box, plus confortable pour lui.

"Protéger" leurs enfants

Isabelle Balkany le reconnaît elle-même: elle a un peu de mal avec les dates et les mots depuis sa tentative de suicide. A plusieurs reprises, son mari finit ses phrases, l'élue se tourne régulièrement vers ses avocats. D'abord interrogée sur la raison de son appel: la solidarité pour son mari qu'elle "aime" et "admire depuis 43 ans". "J’ai reconnu une faute, admet-elle. Elle ne peut avoir d’excuses, mais elle peut avoir des raisons et je voulais les exprimer ici". La faute? Ne pas avoir déclaré sa propriété de Saint-Martin, la villa Pamplemousse. Les raisons? L'explication est plus complexe. Elle trouve ses racines dans les années 80 et le rachat par son frère et sa soeur de ses parts dans l'entreprise familiale, à la condition que cet argent ne transite pas par la France.

"Quelque part, ça me dérangeait d’avoir un compte en Suisse, j’ai voulu donner à mes enfants, et protéger leur avenir, en achetant un bien en France", admet Isabelle Balkany.

Longuement, la présidente de la cour d'appel de Paris a énuméré les impôts éludés par le couple entre 2009 et 2014. Pour l'impôt sur la fortune, on parle de près d'1,4 million. Pour l'impôt sur le revenu, près de 3 millions d'euros. "Je n'ai jamais caché d’argent que j’ai gagné", martèle Patrick Balkany au terme d'une démonstration confuse, remplie de digressions. Alors comment expliquer ce train de vie fastueux et ces liquidités importantes qui permettent au couple de ne faire aucun retrait et aucun paiement en carte bleue en 2015? De l'argent familial, là encore.

De l'argent familial

Pour Isabelle Balkany, il s'agit d'espèces données par sa mère de son vivant pour compenser la belle opération de son frère et de sa soeur lors du rachat de ses parts dans l'entreprise familiale. Des sommes reçues "à chaque naissance, anniversaire, quand j’allais déjeuner avec elle". Pour Patrick Balkany, il s'agit de l'argent de son père, rapatrié de l'étranger en 1986 profitant d'une amnistie du gouvernement.

"Je suis coupable d’avoir dissimulé une petite partie des avoirs de mon père qu’il avait mis à l’étranger quand il était étranger lui-même", s'agace-t-il.

Le couple conteste formellement les estimations de la fraude réalisées par l'administration fiscale. Des arguments qu'Isabelle et Patrick Balkany défendront à partir de lundi et la reprise du procès.

Justine Chevalier