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Jeune tué à Nantes: la tension baisse d'un cran, 18 véhicules incendiés

Un policier dans les rues du quartier du Breil près de Nantes, dans la nuit de samedi à dimanche 8 juillet.

Un policier dans les rues du quartier du Breil près de Nantes, dans la nuit de samedi à dimanche 8 juillet. - GUILLAUME SOUVANT / AFP

La tension a baissé d'un cran dans les quartiers nantais, dans la nuit de samedi à dimanche, après les trois dernières nuits de violences qui ont suivi la mort d'Aboubakar Fofana, tué par le tir d'un policier.

Un calme relatif a régné dans les quartiers de Nantes dans la nuit de samedi à dimanche avec seulement quelques véhicules incendiés après plusieurs nuits de violences qui avaient suivi la mort d'un jeune, tué par un policier lors d'un contrôle mardi soir.

Dix-huit véhicules ont tout de même été incendiés, dont deux par propagation, dans la nuit de samedi à dimanche, surtout dans le quartier nantais du Breil, selon la police. Un engin de chantier a également brûlé mais aucun bâtiment n'a été touché et les forces de l'ordre n'ont procédé à aucune interpellation.

La nuit de vendredi à samedi avait déjà été plus calme que les précédentes, selon la police, avec 35 véhicules incendiés sur toute l'agglomération, et seulement un bâtiment public touché par un départ de feu. 

Colère et incompréhension à Breil

Les trois premières nuits, plus d'une cinquantaine de voitures avaient à chaque fois été incendiées mais aussi de nombreux commerces et bâtiments publics sur toute l'agglomération, notamment des mairies annexes, maisons des habitants, lycée, école, etc. 

Ce samedi, la ville de Nantes a proposé aux habitants de donner des livres pour aider à reconstituer les collections des bibliothèques associatives des Dervallières et de Malakoff, toutes deux incendiées durant la semaine.

"Pour que la vérité éclate"

"C'est incompréhensible que le policier soit remis en liberté" sous contrôle judiciaire, estime Saïd, un responsable associatif habitant du Breil. "Comment ça peut être un tir accidentel quand tu as sorti ton arme et déclenché la sécurité?", s'interroge-t-il, estimant que la nouvelle version du policier est "un second mensonge". "On est en train de récolter des témoignages et personne n'a vu de prétendu corps-à-corps. Le policier était debout, mains tendues et a fait 'boum'", soutient Saïd.

"On fera le nécessaire pour que la vérité éclate", renchérit Chris, 36 ans, médiateur et un "grand" du quartier du Breil. "La colère est loin d'être retombée et elle ne s'arrêtera pas tant que justice ne sera pas faite", ajoute-t-il. "On va poursuivre notre travail de conviction auprès de ceux qui ont des hésitations à témoigner" a-t-il assuré.

En garde à vue, le brigadier-chef auteur du tir a reconnu avoir menti lors de sa première audition libre où était évoquée la légitime défense.

La famille doit se constituer en partie civile ce lundi

Le CRS a indiqué "qu'en réalité il (avait) tenté de se pencher dans l'habitacle du véhicule conduite par le jeune pour saisir le volant et essayer d'arrêter la manoeuvre" de fuite engagée en marche arrière par le conducteur, a relaté le procureur.

La famille du jeune homme tué par le CRS a annoncé qu'elle se constituerait partie civile dès lundi, a annoncé l'avocat de la mère et de la soeur d'Aboubakar Fofana. Pour l'heure, "ils veulent qu'on les laisse tranquilles, avec leur drame", a-t-il ajouté.

J.B avec AFP