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"J'ai les sous!" aurait lancé Tapie au soir de l'élection de Sarkozy

Bernard Tapie en décembre 2010.

Bernard Tapie en décembre 2010. - -

C'est ce qu'affirme un ancien proche de Tapie, Benoît Bartherotte, dans un entretien au quotidien "Sud Ouest". De son côté, Bernard Tapie a catégoriquement démenti avoir tenu de tels propos.

"Ca y est: j'ai les sous!". Voici ce qu'aurait dit Tapie, ivre de joie, le soir de l'élection de Nicolas Sarkozy en mai 2007. La révélation vient d'un ancien proche de l'homme d'affaires, Benoît Bartherotte, qui s'est confié dans un entretien au quotidien Sud Ouest.

"arrangement électoral"

Ce soir-là, Bernard Tapie "semblait sûr de lui, l'avenir a prouvé qu'il avait raison, mais à court terme", explique Benoît Bartherotte, homme d'affaires girondin qui a connu Bernard Tapie dans les années 80, alors que lui-même se trouvait à la tête de la maison de couture Jacques Esterel.

Pour convaincre l'Etat de choisir la voie de l'arbitrage pour régler son différend avec le Crédit Lyonnais, procédure qui lui a rapporté 403 millions d'euros en 2008, Benoît Bartherotte estime que Bernard Tapie, "tel que je le connais, aura su promettre un arrangement électoral, comme par exemple se présenter à une élection pour bloquer la gauche à un moment décisif". "Le problème aujourd'hui ne viendrait-il pas du fait que le contrat n'a pas été rempli?", s'interroge-t-il.

L'homme d'affaires, qui dit avoir eu quelques démêlés avec Bernard Tapie - qu'il qualifie de "malin, drôle", mais manquant "seulement (de) quelques principes moraux" - juge que ce dernier a été "incontestablement" victime du Lyonnais.

Tapie scandalisé par ces propos

De son côté, Bernard Tapie a nié en bloc et en détails les propos de Benoît Bartherotte. "Ce type dit n'importe quoi sur moi", s'est-il plaint au Parisien.

"Le soir de l'élection de Sarkozy, j'étais chez moi, avec mes parents, mes enfants, et sauf si ce monsieur était caché dans un placard à balais, je ne vois pas comment il a pu entendre ce que je disais ce soir-là. Que les médias reprennent cette info-là pour en faire une info majeure, ça prouve qu'on est en train de changer de monde",s'est-il ému.

décision "logique mais scandaleuse"

Benoît Bartherotte lui-même avait créé en 1996 l'association des petits porteurs pour l'annulation de la vente litigieuse d'Adidas (APPAVLA), dont les membres s'estimaient aussi grugés par le Lyonnais, et la justice avait condamné la banque, le 7 novembre 1996, à payer une provision de 600 millions de francs (91,5 millions d'euros) aux liquidateurs des sociétés de Bernard Tapie.

Dans cette veine, Bartherotte qualifie la décision d'arbitrage de "logique mais scandaleuse". Selon lui, "les turpitudes du Lyonnais ne font pas la vertu de Tapie", qui avait "risqué (...) surtout (l'argent) du contribuable", puisque "c'était le Crédit Lyonnais qui avait avancé la majeure partie des capitaux".

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C.Piquet avec E. d'Harcourt