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Interview de Penelope, contrat de travail: la défense du couple Fillon fragilisée

Dans une interview accordée au Daily Telegraph en 2007, Penelope Fillon affirmait n'avoir "jamais été l'assistante de son mari". Une déclaration étonnante face à la défense avancée par le clan Fillon et alors que les enquêteurs ont mis la main sur des contrats de travail la liant à François Fillon.

Une mauvaise interprétation de ses propos? Depuis le début des révélations sur un présumé emploi fictif occupé par Penelope Fillon pendant des années à l'Assemblée nationale pour le compte de son mari député, la défense du clan Fillon est la même: la femme de l'ancien Premier ministre a bien travaillé comme assistante parlementaire et cet emploi était bien réel. Des affirmations qui interrogent puisqu'à plusieurs reprises, elle assurait n'avoir jamais travaillé et encore moins en politique.

C'est en tout cas ce qu'elle disait en 2007. Interrogée par le quotidien britannique The Daily Telegraph, Penelope Fillon affirmait n'avoir "jamais été l'assistante" de son mari "ou quoi que ce soit de ce genre-là". "Je ne me suis pas occupée de sa communication non plus", insistait-elle dans cet entretien, redécouvert par Envoyé Spécial, l'émission de France 2. Dans cette interview vidéo, elle confiait également être "peu à l'aise dans les allées du pouvoir", alors que son mari venait d'entrer à Matignon.

Les contrats de travail dévoilés

Ces déclarations du passé contredisent les éléments de défense apportés ces derniers jours par le clan Fillon après que Le Canard enchaîné a révélé que son épouse aurait empoché plus de 830.000 euros brut au total comme assistante de son mari puis du suppléant de ce dernier, Marc Joulaud, à l'Assemblée nationale. Le 26 janvier dernier, le candidat LR à la présidentielle expliquait sur TF1 que sa femme a "toujours travaillé" pour lui. "Son travail était réel", a-t-il martelé. Concernant les déclarations passées de son épouse assurant n'avoir jamais fait de politique, il avait rétorqué par une mauvaise interprétation de ces propos. C'est également la ligne de défense de son avocat: il déplore jeudi des phrases "sorties de leur contexte".

Réel ou non, c'est la question que se posent les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales. Mardi dernier, ils sont allés à l'Assemblée nationale pour se faire remettre des éléments matériels qui tendraient à prouver la véracité de cet emploi. Parmi ces documents, ils ont pu mettre la main sur un contrat de travail signé par... Penelope Fillon. Sur ce papier, dévoilé par L'Obs et Le Parisien, figurent deux mentions manuscrites concernant le lieu de travail de la salariée.

L'adresse du RPR comme lieu de travail

La première est attribuée à François Fillon indiquant "Sablé-sur-Sarthe". La seconde adresse, ajoutant de la confusion à la confusion, est celle de la permanence du parti RPR (devenu depuis UMP et Les Républicains) au Mans. Jusqu'alors Penelope Fillon avait expliqué avoir travaillé à son domicile dans la Sarthe. Pour l'avocat du couple, Me Antonin Levy, cette mention a été ajoutée par une tierce personne sans pouvoir apporter d'autres explications.

Entendue par les policiers dans le cadre de l'enquête ouverte pour "détournement de fonds publics", "abus de biens sociaux" et recel de ces délits, Penelope Fillon a dit ne plus se souvenir si elle avait signé ou non de contrats de travail. Toujours lors de cette audition, la femme du candidat à la présidentielle a expliqué que c'est son mari qui fixait sa rémunération.

Justine Chevalier