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Interrompu en mars, le procès de Joël Le Scouarnec reprend ce lundi

Le procès Le Scouarnec avait été interrompu en mars dernier en raison du coronavirus.

Le procès Le Scouarnec avait été interrompu en mars dernier en raison du coronavirus. - BFMTV

L'ex-chirurgien Joël Le Scouarnec est jugé à huis-clos pour agression sexuelle et viol sur quatre victimes, dont deux de ses nièces. Le procès avait été interrompu en mars en raison du confinement.

"On a commencé ce procès avec le confinement, on le reprend avec un allègement des mesures, on espère pouvoir le terminer cette fois-ci", résume-t-on du côté des parties civiles. Interrompu en mars en raison de la crise sanitaire, le procès de Joël Le Scouarnec reprend ce lundi devant la cour d'assises de Saintes, en Charente-Maritime.

Le 16 mars dernier, alors que le confinement venait d'être décrété, le procès de l'ex-chirurgien de Jonzac avait été interrompu. Trois jours plus tôt, il s'était ouvert avec une demande de huis clos déposée par les parties civiles. Une requête qui avait été acceptée. Lundi, les débats reprendront là où il s'étaient arrêtés. Les mêmes parties seront représentées. Seuls les jurés seront différents. Des nouveaux doivent être tirés au sort pour cette nouvelle session d'assises.

Des premiers faits qui remontent à 30 ans

Ce procès démontre l'ancrage dans le temps des pratiques pédophiles de l'ex-chirurgien de Jonzac, jugé à la veille de ses 70 ans. Joël Le Scouarnec est jugé pour des faits récents, ceux qui ont mis fin à son parcours criminel, et des faits plus anciens, qu'il avait avoué lui-même devant les enquêteurs. L'accusé a été interpellé en 2017 après les dénonciations d'une petite voisine de six ans qu'elle accuse de viol. Il reconnaît les agressions sexuelles mais nie les viols.

Les premiers faits qui lui sont reprochés dans ce procès remontent à plus de 30 ans et parmi ses premières victimes figurent deux de ses nièces. Âgées aujourd'hui de 29 et 34 ans, elles accusent leur oncle de les avoir agressées sexuellement et de les avoir violées entre 1989 et 1999. Elles étaient alors âgées de 3 à 9 ans sur la période des faits. Elles ont fini par porter plainte lorsque les premiers faits concernant Joël Le Scouarnec ont été rendus publics.

"Il était médecin, c'est une famille simple. Un médecin c'est tout de suite impressionnant. Pour elles, c'était un peu l'homme cultivé de la famille, personne n'osait se confronter à lui. C'était compliqué", expliquait à BFMTV avant le procès de mars leur avocate, Me Delphine Driguez.

Dénoncé en avril 2017

"Ma fille est un héros", confiait à BFMTV juste avant l'ouverture du procès de mars la mère de la fillette.

Car c'est en avril 2017 que les premiers ennuis judiciaires ont débuté pour Joël Le Scouarnec lorsque sa voisine, alors âgée de six ans, raconte à ses parents qu'il lui a montré son sexe alors qu'elle se trouvait dans le jardin de la maison familial. L'enfant décrit des gestes de masturbation, puis finit par dire, avec ses mots d'enfant, que l'homme l'a violée. L'examen gynécologique pratiqué sur la petite victime confirme les faits. 

Une enquête est alors ouverte. Le domicile de Joël Le Scouarnec à Jonzac est perquisitionné. Derrière les vitres sales du pavillon, les enquêteurs découvrent des petites poupées, des figurines, certaines portant des chaînes, mais aussi des perruques. Des fichiers pédopornographiques étaient retrouvés, et surtout des carnets appartenant au chirurgien, divorcé depuis sa condamnation en 2005 pour détention d'images pédopornographiques.

Malgré cette condamnation à 4 mois de prison de sursis, qui n'avait pas été accompagnée d'une interdiction de travailler avec des enfants, le chirurgien va continuer à exercer et liste des centaines de noms, de prénoms, de dates dans ses carnets puis sur des fichiers informatiques. Ils sont titrés "vulvettes" et "Quéquettes". Chaque jour, quasiment, il décrit des scènes pédophiles ou le désir qu'il éprouve pour ces enfants, la plupart du temps des patients.

Une autre enquête toujours en cours

A partir de lundi, et jusqu'à jeudi, Joël Le Scouarnec va également comparaître pour des faits d'agression sexuelle datant de février 1993 sur une patiente de trois ans hospitalisée à l'hôpital de Loches, Indre-et-Loire, où le chirurgien pratiquait. Il s'agit des premiers, et seuls, faits jugés concernant son activité professionnelle. Le conseil de l'Ordre des médecins s'est lui-aussi constitué partie civile.

"C'est le procès de ces quatre victimes, c'est quelque chose d'unique pour eux, prévient Me Jean-Christophe Boyer, avocat de l'association L'enfant bleu, partie civile dans ce procès. Nous attendons un certain nombre de réponses sur l'encadrement, sur les suites données ou pas après sa première condamnation. Pour nous associations, l'idée est d'attirer le regard sur un problème. La particularité de ce procès, c'est qu'on sait déjà que ça ne sera pas le dernier."

Une information judiciaire est toujours en cours pour établir le parcours criminel de Joël Le Scouarnec. Au total, 349 victimes avaient été identifiées grâce aux carnets. Le 15 octobre dernier, l'ex-chirurgien a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles entre 1986 et 2014 sur 312 victimes principalement mineures, toutes des patientes du médecin. Pour les 31 dernières victimes, les faits sont soit prescrits, soit impossible à caractériser.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV