BFMTV

Héritage de Johnny Hallyday: le tribunal de Nanterre rendra sa décision le 13 avril

Le tribunal de grande instance de Nanterre rendra son délibéré le 13 avril sur le premier volet de la bataille judiciaire entre les aînés des enfants de Johnny Hallyday et la veuve de ce dernier.

La justice rendra le 13 avril sa décision sur les requêtes de David Hallyday et Laura Smet. Les premiers enfants de Johnny Hallyday demandent le gel des avoirs de l'artiste et un droit de regard sur son ultime album à paraître, ce que leur dénient son producteur, Warner, et sa veuve, Laeticia.

En attendant que la bataille autour de l'héritage de Johnny Hallyday soit tranchée sur le fond, le tribunal de grande instance de Nanterre a examiné ce vendredi après-midi ces requêtes en référé, une procédure d'urgence, pendant plus de 3h30 de débats.

Le rôle exact joué par Laeticia dans la succession de son mari a été l'un des points centraux: les avocats de David et Laura s'interrogent sur sa qualité d'"exécuteur testamentaire", alors qu'elle est aussi l'unique bénéficiaire du ou des trusts mis en place par le chanteur en 2014. Ces structures juridiques complexes de droit américain réunissent ses actifs (biens immobiliers et droits artistiques).

"On finit par s'y perdre" et ne plus "savoir exactement comment les choses s'articulent", a déploré Me Emmanuel Ravanas, avocat de Laura Smet. "On nous dit: il fallait agir en justice "contre le 'trustee'", le gestionnaire des actifs, et non contre Laeticia, simple "bénéficiaire de tout ça", note Me Carine Piccio, l'une des avocates du fils du chanteur.

"Il n'y a pas de 'trustee'!"

Mais "ce qu'on a appris depuis" la première audience le 15 mars devant le tribunal de Nanterre, qui avait été repoussée à vendredi, "c'est qu'il n'y a pas de 'trustee'!", s'étrangle son confrère Me Ravanas. "On nous a précipités au bord d'un précipice qui s'appelle déni de justice", estime l'avocat. La partie adverse a cependant assuré qu'un "trustee" serait "trouvé dans les prochains jours".

"On essaie de bâtir une histoire, l'histoire d'un homme fragilisé, faible, accaparé par sa belle-famille aux seules fins d'une main-mise sur sa fortune", a rétorqué Me Ardavan Amir-Aslani, conseil de Laeticia Hallyday.

Certes, les dispositions testamentaires successives "vont effectivement dans une seule direction, vers sa femme", mais "est-ce que c'est interdit, immoral?", a-t-il interrogé.

Le trust JPS (pour Jean-Philippe Smet), mis en place en juillet 2014, était géré par le chanteur jusqu'à sa mort et devait, selon ses dernières volontés, bénéficier à son décès à sa veuve, puis à ses filles Jade et Joy à la disparition de leur mère. Ce montage financier complexe, très courant dans les pays anglo-saxons, était pensé pour "protéger Laeticia et ses enfants" au décès du chanteur, explique celui qui a été son avocat pendant près de huit ans.

Un droit de regard demandé sur le futur album

Outre son patrimoine, l'album que le "Taulier" avait presque achevé à sa mort a également été évoqué dans les débats. L'artiste avait travaillé une grande partie de l'année 2017 sur ce 51e album studio, qui doit sortir courant 2018. Une dizaine de chansons ont été enregistrées mais les aînés de l'ex-"idole des jeunes" demandent au préalable un droit de regard sur cet album.

"Ce que nous demandons, c'est de pouvoir écouter (l'album) et après avoir écouté, éventuellement d'en tirer des conséquences", a expliqué hors audience Me Emmanuel Ravanas, avocat de Laura.

L'avocat de Warner Music France Eric Lauvaux a opposé une fin de non-recevoir: "Johnny Hallyday a validé l'ensemble des compositions musicales qui figurent sur l'album, il a choisi les compositeurs". "Warner Music est le propriétaire des enregistrements et nous enjoindre de remettre ces enregistrements n'a aucun fondement", a-t-il ajouté.

Le tribunal rendra sa décision le 13 avril. David et Laura ont parallèlement engagé une autre action devant le TGI, qui elle pourrait prendre des années, pour dénoncer le caractère illégal des dernières volontés de leur père, qui selon eux les "déshéritent".

L.A., avec AFP