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Héritage de Johnny Hallyday: bras de fer au tribunal

Le tribunal de Nanterre a examiné ce vendredi après-midi les requêtes de David Hallyday et Laura Smet, qui demandent le gel des avoirs de leur père ainsi qu'un droit de regard sur son futur album.

Durant plus de trois heures ce vendredi après-midi, les débats ont fait rage au tribunal de grande instance de Nanterre. Les avocats de David Hallyday, Laura Smet et Laeticia Hallyday ont tour à tour avancé leurs arguments sur le gel ou non des avoirs de l'artiste, ainsi que la possibilité d'un droit de regard des aînés sur son ultime album à paraître.

"Nous considérons que la succession de Johnny Hallyday est une succession qui doit être appréhendée par le droit français, devant le juge français", a fait valoir à l'issue de l'audience Emmanuel Ravanas, conseil de Laura Smet.

La résidence effective de l'acteur est en effet au coeur des débats. D'elle découle la validité ou non du testament de Johnny Hallyday, rédigé sous le droit californien.

"Johnny Hallyday est un destin français"

"A la fin, nous aboutirons à la conclusion que chacun connaît par avance, c'est que Johnny Hallyday est une part de la France, c'est que Johnny Hallyday est un destin français", a-t-il assuré devant les journalistes.

"Dans le testament américain qui nous a été caché et qui a été transmis à RTL avant de nous être communiqué, il y a huit personnes concernées, huit personnes françaises", a ajouté Hervé Temime, également avocat de Laura Smet.

"Toute cette affaire n'a qu'un seul objectif: asphyxier financièrement Laeticia et contraindre cette femme, seule avec ses deux enfants mineurs, à léguer ce que Johnny ne voulait pas léguer", a fait valoir de son côté Ardavan Amir-Aslani, avocat de la veuve du chanteur.

"Toute cette affaire n'a qu'un seul objectif: asphyxier financièrement Laeticia"

Ce que nie Emmanuel Ravanas: "L'idée, très simple, est de pouvoir exercer un certain contrôle sur certains actifs, certainement pas d'empêcher Mme Hallyday ainsi que ses deux jeunes filles de pouvoir vivre, et de pouvoir vivre la vie la plus normale possible."

Me Ardavan Amir-Aslani a assuré qu'en "dix ans, dans la totalité des testaments que (Johnny Hallyday) a rédigés, il a systématiquement répété la même chose". "Il a couché noir sur blanc qu'il avait déjà suffisamment doté ses premiers enfants", a poursuivi l'avocat.

Ce dernier est également revenu sur la résidence de l'artiste, soulignant qu'il possédait la "green card", "la carte des résidents américains" qui le forçait à "habiter aux Etats-Unis au moins six mois plus un jour" par an.

"Pour redorer son image, on ternit celle d'un monstre sacré"

"Il s'agit là de faire respecter les dernières volontés de l'artiste, c'est ça l'enjeu", a-t-il martelé. "Il savait probablement qu'il ne serait pas là pour (Jade et Joy), pour assurer leur protection. (...) Le droit et la loi sont pour lui, moralement il savait ce qu'il faisait. Personne ne se pose la question du pourquoi, mais il devait y avoir un pourquoi", a ajouté l'avocat de Laeticia Hallyday.

"Quand on voit le démarrage de ce parcours, Laura avait 14 ans. Elle était à peine plus âgée que ses deux jeunes soeurs aujourd'hui", a contesté Carine Piccio, avocate de David Hallyday, à l'issue de l'audience.

"Pour redorer son image, on ternit celle d'un monstre sacré, dont on raconte (...) ses derniers jours, à quel point il était diminué. Au-delà d'être indécent, c'est tout simplement scandaleux. (Laeticia Hallyday) fait le choix de son image, plutôt que de la sienne", a-t-elle affirmé avec virulence.

Le tribunal de Nanterre rendra sa décision le 13 avril.

Liv Audigane