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Grenoble: une information judiciaire ouverte contre un chirurgien soupçonné de faute médicale

Maître Bernard Boulloud, avocat du chirurgien Docteur V, le 10 mai 2019 à Grenoble.

Maître Bernard Boulloud, avocat du chirurgien Docteur V, le 10 mai 2019 à Grenoble. - JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

L'information pour blessures involontaires a été ouverte à la suite du dépôt de 27 plaintes. Le chirurgien orthopédiste a été suspendu en janvier par le Conseil national de l'ordre des médecins.

Une information judiciaire pour blessures involontaires a été ouverte mardi soir à l'encontre du docteur V., un chirurgien orthopédiste grenoblois, concernant 27 plaignants, a annoncé le procureur de la République de Grenoble Eric Vaillant.

27 plaignants

"Ce jour, le parquet a reçu le retour de l'enquête de police qui avait été ordonnée et une information judiciaire a été ouverte à l'encontre" du Dr V. "pour blessures involontaires ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail, NDLR) supérieure à trois mois, à l'encontre de 27 plaignants", a précisé le procureur dans un communiqué.

Le médecin a déjà été suspendu en janvier, avec effet au 1er mai, par le Conseil national de l'ordre des médecins, pour trois ans dont 18 mois avec sursis, sur la base d'une soixantaine de dossiers.

Révélant début avril une demi-douzaine de plaintes, l'avocat de ces personnes, Me Edouard Bourgin, avait reçu ensuite les témoignages de dizaines de personnes s'estimant victimes de ce chirurgien.

Pressé d'opérer 

Il avait organisé une réunion d'information, au début de laquelle la presse avait assisté, et avait constaté un nombre important de personnes avec des prothèses, des minerves ou en fauteuil roulant, qui pour beaucoup décrivaient un homme pressé d'opérer, et leur affirmant qu'elles risquaient de rester infirmes si elles ne n'obtempéraient pas rapidement.

Son avocat, Me Bernard Boulloud, avait néanmoins lancé une série de six plaintes en diffamation ou pour dénonciation calomnieuse contre des patients, ce qui avait eu pour effet d'atténuer les accusations dans la presse.

"Il faudra faire des expertises, ce sera long et compliqué, il vaut donc mieux qu'il y ait une information judiciaire" et un juge d'instruction qui s'occupe de cette affaire, a expliqué le procureur à l'AFP, sans exclure que "d'autres cas apparaissent".

S'alarmant lui-même de la campagne dans la presse d'il y a quelques semaines, le procureur a cependant insisté sur le fait que "ce monsieur est présumé innocent".

Esther Paolini avec AFP