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Grenoble: un chirurgien suspendu après des suspections de fautes sur plus de 50 patients

Un patient s'apprête à rentrer au bloc opératoire au CHU d'Angers, en novembre 2013 (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Un patient s'apprête à rentrer au bloc opératoire au CHU d'Angers, en novembre 2013 (PHOTO D'ILLUSTRATION) - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Le Conseil de l'ordre des médecins l'accuse d'un "comportement gravement fautif". Deux plaintes ont également été déposées par des patients dont l'un est devenu invalide, l'autre a été amputé d'un membre.

Le Conseil national de l'ordre des médecins a suspendu un chirurgien grenoblois, suspecté de nombreuses fautes dans l'exercice de ses fonctions, rapporte Le Parisien. Le docteur V. nie toutes les accusations et a saisi le Conseil d'État.

Exposés à un risque injustifié

L'alerte a été donnée par la Sécurité sociale de l'Isère, qui a repéré 54 cas entre 2013 et 2014 où "les patients ont été opérés sans justification médicale, ce qui les a exposés à un risque injustifié", explique le quotidien. Saisi, le Conseil national de l'ordre des médecins a estimé que le chirurgien avait commis plusieurs fautes: des manquements dans le travail de prise d'une décision opératoire, le non-respect des techniques opératoires en norme et d'importants manquements dans le suivi post-opératoire.

Le Conseil de l’ordre estime donc que le docteur V a eu "un comportement gravement fautif, contraire aux obligations qui s’imposent à tout médecin" et l'a suspendu de l'exercice de ses fonctions pour trois ans, dont 18 mois avec sursis.

Fauteuil roulant et amputation

Mais les ennuis ne s'arrêtent pas là pour le chirurgien puisque deux plaintes ont été déposées par des patients ayant subi des opérations au dos. Serge, âgé de 62 ans, se trouve en fauteuil roulant après avoir été opéré pour une hernie discale:

"Mes os étaient trop fragiles. Et pourtant, il m’a mis dix vis dans le dos. Je n’aurais jamais dû être opéré. Je souffre toujours. Ma vie est foutue. Mon appartement, c’est ma prison", a-t-il confié au Parisien.

Un second patient fait état d'une amputation:

"Le chirurgien m’a placé sur les os du matériel trop grand. C’était obligé que ça casse. Il y a eu des infections. J’ai subi 40 à 50 opérations pour tenter de sauver ma jambe. Mais en février dernier, j’ai dû subir une amputation tibiale. Ma vie a été détruite", rapporte Frédérique Bagalino.

L'avocat du docteur V. conteste formellement toutes les accusations et a annoncé avoir saisi le Conseil d'État pour contester sa suspension.

Esther Paolini