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Afflux de nouveaux témoignages contre le chirurgien grenoblois soupçonné de fautes médicales 

Le chirurgien est soupçonné de manquements dans 54 dossiers d'opérations ayant notamment conduit à l'infirmité de ses patients. Depuis la révélation de cette affaire, les témoignages à son encontre pleuvent.

Un chirurgien grenoblois est soupçonné de "manquements d’une extrême gravité" sur 54 dossiers d’opérations entre 2013 et 2014. Et depuis la révélation de cette affaire par Le Parisien, les témoignages ne cessent d’affluer.

"J’ai reçu au moins une quarantaine d’appels à mon cabinet. Je suis débordé. Mais cela fait des années que j’entends dire à Grenoble qu’il y a des problèmes avec ce chirurgien. Il a fallu que la presse donne la parole à des victimes amputées ou qui se déplacent en fauteuil roulant pour que ce scandale de santé publique éclate enfin", confie au quotidien Me Edouard Bourgin, avocat des plaignants.

Six plaintes

Six plaintes ont déjà été déposées contre le docteur V., soupçonné de fautes dans l’exercice de ses fonctions, et dont BFMTV.com a eu confirmation. Ces plaintes s'inscrivent dans le cadre d'une enquête préliminaire, ouverte depuis décembre 2016, pour "escroqueries" et "mise en danger d'autrui".

"Je ne comprends pas pourquoi ce chirurgien n’a pas encore été stoppé par la justice. En 2016, la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) a découvert 54 victimes avérées sur les années 2013 et 2014. Elle a saisi la justice. Et en décembre 2016, le parquet de Grenoble a ouvert une enquête préliminaire. Or, nous sommes en 2019, et le chirurgien en question n’a toujours pas été inquiété par les autorités judiciaires. Aucun juge n’a été saisi", s’inquiète auprès du Parisien Frédérique Bagalino, opérée par le docteur V. pour une simple fracture de la cheville et qui a finalement dû se faire amputer.

Suspendu pour 18 mois

Plusieurs patients du docteur V. témoignent de leur souffrance. L’un se retrouve en fauteuil roulant après avoir été opéré pour une hernie discale, l’autre aurait développé un kyste infectieux à cause d'une compresse oubliée par mégarde dans sa gorge. En janvier, le Conseil de l’ordre national des médecins a suspendu le praticien de l’exercice de ses fonctions pour trois ans, dont 18 mois avec sursis après une alerte de la Sécurité sociale de l'Isère. Une suspension effective à compter du 1er mai.

De son côté, le chirurgien nie toutes les accusations. La justice doit quant à elle déterminer s'il existe un lien entre l'acte chirurgical et l'infirmité des plaignants.

Ambre Lepoivre