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Grenoble: l'avocat du "chirurgien de l'horreur" dépose plusieurs plaintes en diffamation

Des chirurgiens en hôpital

Des chirurgiens en hôpital - BFMTV

L'avocat du Dr V., l'ancien chirurgien grenoblois a annoncé, ce vendredi, le dépôt de plusieurs plaintes en diffamation.

L'avocat du "chirurgien de l'horreur" mis en cause par des dizaines de patients a annoncé, ce vendredi à Grenoble, le dépôt de plusieurs plaintes en diffamation, face à ce qu'il qualifie de "lynchage médiatique" visant son client. 

Me Bernard Boulloud a dénoncé lors d'une conférence de presse "le lynchage médiatique d'une violence inouïe" qui s'est abattu récemment sur son client, le Dr V, "très abattu" selon lui.

"Sonner la fin de la récréation"

Ce que l'avocat appelle "lynchage médiatique" sont les six plaintes, déposée début avril par un avocat représentant des patients. Une plainte qui a engendré 80 nouveaux témoignages, dont certains pourraient à leur tour se transformer en plaintes. Le tout est étayé par une suspension de trois ans, dont 18 mois avec sursis, prononcée le 15 janvier par le Conseil national de l'Ordre des Médecins (CNOM), sur la foi d'une enquête de la Sécurité sociale en Isère.

Me Boulloud a annoncé avoir déposé des plaintes contre quatre patients pour diffamation, ajoutant vouloir ainsi "sonner la fin de la récréation". Le procès est prévu pour le 11 juin. Il a également porté plainte, vendredi, pour diffamation, devant le doyen des juges d'instruction, contre les proches d'un homme décédé en 2017 qui accusaient le Dr V, jeudi dans Le Parisien, d'être à l'origine du décès. Il a enfin porté plainte devant la gendarmerie, pour dénonciation calomnieuse, contre une autre patiente ayant témoigné dans la presse.

"Si le Dr V. engage ces procédures à tour de bras, c'est parce qu'à tour de bras on le traîne dans la boue", a lancé l'avocat.

L'avocat a, par ailleurs, saisi le Conseil d'État contre la sanction prononcée par le CNOM, et dénoncé en février au Conseil de l'Ordre de l'Isère l'un des médecins-conseil de la caisse primaire d'assurance maladie, dont l'enquête - "tronquée" selon lui - est à l'origine de la suspension.

"Il est intervenu auprès de confrères pour discréditer le Dr V. à un point que vous n'imaginiez pas". "Jalousie? Corruption active?", s'est demandé l'avocat.

Des anciens collègues du chirurgien prennent sa défense

Face aux plaintes déposées et aux témoignages, deux anciens collègues du Dr V. sont venus à sa défense. Un professeur de chirurgie orthopédique, ancien supérieur du chirurgien mis en cause au CHU de Grenoble, a relevé ses "qualités professionnelles de très haut niveau". 

Le Pr Philippe Merloz, professeur de chirurgie orthopédique et traumatologique au CHU de Grenoble, qui a travaillé de 2001 à 2009 avec le Dr V. a, quant à lui, fait état de "son étonnement et de son incompréhension totale" dans cette affaire. Il a observé que le chirurgien avait assuré sans problème, de 2004 à 2009, la gestion de l'activité du bloc opératoire des urgences, qui accueille près de 5.000 patients par an.

Aude Solente avec AFP