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Grenoble: une nouvelle sanction pour le chirurgien soupçonné de fautes médicales

Des lits d'hôpital à Roissy-Charles-de-Gaulle, en septembre 2018 (PHOTO D'ILLUSTRATION).

Des lits d'hôpital à Roissy-Charles-de-Gaulle, en septembre 2018 (PHOTO D'ILLUSTRATION). - Christophe ARCHAMBAULT / AFP

À la suite d'une plainte d'un patient opéré pour une hernie discale, l'Ordre des médecins Rhône-Alpes estime que le chirurgien orthopédique a commis "une faute déontologique" et lui a donc infligé un blâme.

Une nouvelle épine dans le pied du docteur grenoblois soupçonné de fautes médicales. Déjà suspendu trois ans, dont 18 mois avec sursis par le Conseil de l'ordre, le chirurgien orthopédique a reçu une nouvelle sanction de la part de l'autorité. Un blâme lui a été infligé concernant le traitement d'un patient d'une soixantaine d'années traité pour une hernie discale, rapporte Le Parisien et confirmé par l'avocat du patient auprès de BFMTV.com.

Douleurs lombaires et déplacement en fauteuil

Serge G. a été opéré par le docteur V. en 2014 à la suite d'importantes douleurs lombaires. Le praticien a réalisé une exérèse d'une hernie discale avec la mise en place de vis pédiculaires. À la suite d'une infection, le matériel a finalement été retiré par un autre chirurgien. Depuis, le patient souffre toujours du dos, a du mal à marcher et se déplace en fauteuil roulant.

Une situation compliquée au quotidien et dont il juge son chirurgien responsable. Dans sa plainte déposée au conseil départemental de l'ordre des médecins de l'Isère, il reproche notamment au docteur V. d'avoir réalisé une opération "sans proposition d'alternative thérapeutique, ni délai de réflexion, ni examen préalable complémentaire".

"Une faute déontologique"

Après enquête, l'autorité reconnaît que le patricien a commis "une faute déontologique", selon la décision de la Chambre disciplinaire de première instance de l'ordre des médecins des Rhône-Alpes que nous avons pu consulter. 

Elle estime que le docteur V., aurait dû réaliser "des examens complémentaires" au préalable de l'opération et qu'il "n'a pas proposé d'alternative thérapeutique", ce qui lui vaut ce blâme. En revanche, le Conseil de l'ordre des médecins juge que le fait que "l'intervention n'ait pas donné les résultats escomptés ne suffit pas à établir que le docteur V. a utilisé du matériel d'arthrodèse inefficace".

"Aucune alternative thérapeutique"

Une décision jugée "très sérieuse" par Edouard Bourgin, avocat du patient. Ce dernier indique à BFMTV.com avoir été contacté par "soixante anciens patients qui se plaignent tous des mêmes comportements": 

"Aucune alternative thérapeutique n'a été proposée et la décision opératoire a été prise dès le premier rendez-vous, sans deuxième rendez-vous", nous explique-t-il.

Une réunion publique est organisée à Grenoble ce jeudi afin que son cabinet "mesure l'ampleur des victimes présumées et organise leurs défenses, sans préjuger du bien fonder de leur grief", ajoute Maître Bourgin.

De son côté, l'avocat du patricien Bernard Boulloud dénonçait fin avril auprès de BFMTV.com un "lynchage public" et une attaque à "la présomption d'innocence".

Esther Paolini