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Gilets jaunes: huit condamnations après des violences au péage de La Ciotat

Des gilets jaunes bloquent le péage de La Ciotat dans les Bouches-du-Rhône, le 1er décembre 2018.

Des gilets jaunes bloquent le péage de La Ciotat dans les Bouches-du-Rhône, le 1er décembre 2018. - GERARD JULIEN / AFP

Huit individus ont été condamnés ce jeudi pour des violences commises sur un péage de La Ciotat dans les Bouches-du-Rhône, lors de l'acte 2 du mouvement des gilets jaunes.

Huit manifestants ayant pris part, le 24 novembre, à l' "acte 2" du mouvement des "gilets jaunes" au péage autoroutier de La Ciotat dans les Bouches-du-Rhône ont été condamnés jeudi à des peines allant de quatre mois à un an de prison ferme.

Ils sont intérimaires, cuisinier, serveur, chômeur, âgés de 18 à 29 ans, des "jeunes sans histoires" selon leurs avocats et vivant la plupart chez leurs parents. Devant le tribunal, ils ont expliqué "être montés au péage" parce que "les réseaux sociaux disaient que ça chauffait" ou "pour retrouver la bonne ambiance de la veille avec grillades et bières".

"Un climat insurrectionnel, un véritable chaos"

Selon les policiers des brigades anticriminalité de Marseille qui les ont interpellés, ils ont pris part aux affrontements qui, cette nuit-là, avaient opposé les forces de police à une centaine de manifestants.

Des barricades avaient été dressées puis enflammées et la gare de péage saccagée. Pris sous des jets de projectiles, les policiers ont évoqué "un climat insurrectionnel, un véritable chaos".

Les huit prévenus, sept hommes et une femme qui niaient avoir commis la moindre infraction, ont été condamnés pour violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique et participation à une manifestation armée mais ils ont été relaxés pour les faits de dégradations de la gare de péage. Le tribunal a, du coup, débouté Escota Vinci Autoroutes qui s'était constituée partie civile.

"Il ne s'agissait pas de simples dégradations mais d'une destruction organisée", a précisé l'avocat de la société autoroutière qui n'a pas encore chiffré son préjudice.

Un homme condamné à un an de prison ferme 

Trois des prévenus ont été condamnés à huit mois de prison dont quatre avec sursis, quatre autres se sont vus infliger dix mois de prison dont cinq avec sursis ayant été, en plus, reconnus coupables de rébellion et d'outrages. La peine la plus lourde, un an de prison avec maintien en détention, a été prononcée contre un individu plus âgé, un intérimaire déjà condamné à treize reprises. "Une peine avec une partie de prison ferme est indispensable, s'était justifié le procureur Nicolas Ruby, car il faut sanctionner des faits d'une gravité extrême".

Tous avaient été placés en détention provisoire le 26 novembre puis libérés au bout de deux à trois semaines, à l'exception de deux d'entre eux qui ont comparu détenus.

"Nous ne sommes pas dans une répression aveugle qui ne ferait pas la part des choses", a indiqué le procureur devançant une défense qui a réclamé la relaxe des huit prévenus. Les avocats ont dénoncé une procédure à l'emporte-pièces construite avec "des procès-verbaux d'interpellation globaux, collectifs et mal rédigés". 

Jeanne Bulant avec AFP