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Gilets jaunes: d'anciens articles utilisés pour lancer de fausses rumeurs sur les réseaux sociaux

Des gilets jaunes manifestant devant l'Arc de Triomphe à Paris - Photo d'illustration - Lucas Barioulet - AFP

Des gilets jaunes manifestant devant l'Arc de Triomphe à Paris - Photo d'illustration - Lucas Barioulet - AFP - Lucas Barioulet - AFP

Sur Twitter et Facebook, des articles de presse sont abondamment partagés laissant à penser que les événements relayés sont récents et s'inscrivent dans le cadre de la mobilisation des gilets jaunes. Pourtant, ces informations, qui portent notamment sur des violences policières, sont bien antérieures au mouvement.

Des blessures causées par des violences policières, des insultes taguées sur la maison du ministre de l'Intérieur, des policiers contre les ordres de leur hiérarchie... Autant d'informations qui circulent ces derniers jours sur les réseaux sociaux et qui sont largement partagées par les utilisateurs, notamment sur les pages relatives au mouvement des gilets jaunes.

Parmi ce flots d'articles relayés sur Facebook et Twitter, certains en rapport pourtant avec des actualités liées aux gilets jaunes portent à confusion. Présentés parfois de manière trompeuse, ils n'ont aucun rapport avec la mobilisation qui a débuté le 17 novembre dernier. 

> Des manifestants blessés... bien avant le 17 novembre

Depuis quelques jours, plusieurs utilisateurs Twitter relaient l'information de la mort d'un homme atteint par un tir de flashball à Marseille. Les messages s'accompagnent d'un article du quotidien 20 Minutes.

Si depuis le début des manifestations, au moins 81 enquêtes judiciaires pour violences policières présumées illégitimes sont menées par l'IGPN, l'Inspection générale de la police nationale, cette affaire ne figure pas dans cette liste. Et pour cause. Si l'homme dont parle l'article a bien reçu un tir de flashball, l'accident s'est produit en 2010 dans un foyer de travailleurs alors que les policiers venaient pour l'interpeller après qu'il a blessé un colocataire au couteau. Le fonctionnaire à l'origine du tir avait été condamné à 6 mois de prison avec sursis.

Outre les flashballs et leurs successeurs, les lanceurs de balles de défense, les grenades assourdissantes sont aussi mises en cause dans les blessures d'un jeune homme dont la photo circule largement sur les réseaux sociaux. Il présente de nombreux hématomes et une importante plaie sur la lèvre supérieure. Un appel à témoins accompagne le cliché. Pourtant, selon La Dépêche du Midi, cette victime présumée est en réalité un Canadien blessé en 2016 par l'explosion de sa cigarette électronique.

> Des fausses tensions entre les policiers et leur hiérarchie

Depuis le début du mois de décembre, un article de notre site est relayé sur les réseaux sociaux. Intitulé Un syndicat de policiers dénonce les consignes reçues pendant les manifestations, l'article porte sur les interrogations du syndicat Alliance sur les consignes de non-intervention reçues par les policiers sur le terrain face aux casseurs lors des manifestations.

Mais les questionnements du syndicat ne portent pas sur les opérations de maintien de l'ordre lors des rassemblements des gilets jaunes, où les violences étaient nombreuses, mais lors des manifestations contre la loi Travail en mai 2016.

> La maison de Christophe Castaner n'a pas été vandalisée

Un tweet de Christophe Castaner circule aussi largement sur les réseaux sociaux. L'actuel ministre de l'Intérieur s'indigne d'un tag inscrit sur l'enceinte de sa maison à Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Cette inscription ne date pas de ces derniers jours mais de mars 2015 quand il était maire de la commune.

Justine Chevalier