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Gilets jaunes: 3.000 CRS et gendarmes mobiles déployés sur toute la France

L'objectif des forces de l'ordre est d'empêcher les blocages.

L'objectif des forces de l'ordre est d'empêcher les blocages. - Philippe Huguen - AFP

Près de 3.000 policiers et gendarmes vont être mobilisés partout en France samedi lors de la grande mobilisation des gilets jaunes. L'objectif principal: empêcher les blocages.

Le gouvernement se dit tout à fait "serein" à quelques heures de la grande mobilisation des gilets jaunes. Et ce malgré le très grand nombre d'actions attendues pour la journée de samedi. Environ 1.500 doivent être conduites partout en France, une centaine seulement a été déclarée en préfecture. 157 points de blocage sont attendus sur 75 départements. "Ce qui est difficile, c'est qu'on n'a pas une organisation syndicale - qui a l'habitude de faire une manifestation - qui l'organise", concédait d'ailleurs en début de semaine le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. 

Contrairement aux manifestations syndicales pour lesquelles les pouvoirs publics peuvent estimer le nombre de participants, pour les gilets jaunes, il n'est possible de réaliser de prévisions. Le dispositif de sécurité a donc dû être réalisé à l'aveugle. 37 forces mobiles, soit 3.000 agents (moitié CRS, moitié gendarmes mobiles), vont être mobilisées pour la journée de samedi sur l'ensemble du territoire, selon une source policière. "Trente unités de forces mobiles sont mises à disposition des préfets pour intervenir en renfort des effectifs normaux de police et de gendarmerie", précise-t-on au ministère de l'Intérieur, alors que les 185 policiers de la CRS autoroutière vont également être réquisitionnés.

"C'est un vrai casse-tête. Sans déclarations, les préfets ne peuvent pas faire une demande précise de renforts policiers, ni savoir combien de forces de l'ordre sont nécessaires, et où", confirme une autre source policière. 

Empêcher les blocages

L'objectif est fermement affiché: empêcher tout blocage. "Le droit de manifester est un droit important, constitutionnellement garanti, tout comme celui de circuler librement, rappelle Laurent Nunez, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur. Demain nous allons veiller à ce que ces deux libertés fondamentales puissent s’exprimer et que l’une ne vienne pas compromettre l’autre. Nous serons donc attentifs à tout blocage total, ce qui nous conduira à intervenir."

Sur les 37 forces mobiles mobilisées (CRS et forces de gendarmerie mobile), 14 le seront en Ile-de-France, soient plus de 1.100 fonctionnaires. Dans la région parisienne, les principaux axes de circulation, et notamment le périphérique, seront sous haute surveillance par des patrouilles de police et de gendarmerie. Les forces de l'ordre auront en appui des hélicoptères de la gendarmerie pour "surveiller et détecter d'éventuelles actions de ralentissement et de blocage", a précisé le préfet de police de Paris, Michel Delpuech. Les policiers vont s'appuyer également sur le vaste réseau d'un millier de vidéosurveillance.

Depuis quelques heures, le gouvernement rappelle la réponse juridique en cas de participation à une manifestation non déclarée. Les participants encourent en effet une peine de 6 mois d'emprisonnement et jusqu'à 7.500 euros d'amende. L'entrave à la circulation est un délit passible de deux ans d'emprisonnement et 4 500 euros d'amende. A Paris, certains commissariats se concentreront uniquement sur le traitement judiciaire des personnes qui pourraient être interpellées. 

Justine Chevalier