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Fusillade d'Istres: le tireur avait fait part de son projet et enterré son arme

Le meurtrier d'Istres s'était ouvert de son projet à un ami parisien. Ici le terrain d'où les coups de feux ont été tirés.

Le meurtrier d'Istres s'était ouvert de son projet à un ami parisien. Ici le terrain d'où les coups de feux ont été tirés. - -

Le meurtrier d'Istres s'était ouvert de son projet à un ami parisien. Ce dernier ne l'avait pas cru capable de passer à l'acte.

Le jeune homme de 19 ans auteur de la fusillade meurtrière d'Istres (Bouches-du-Rhône), qui devait être mis en examen samedi pour assassinats, s'était ouvert à son ami parisien de son projet criminel, commis avec une arme qu'il avait enterrée non loin des lieux du drame.

Samedi matin, plusieurs centaines de personnes ont participé à une "marche blanche" dans le quartier de l'Aupierre, au bord de l'Etang de Berre, où jeudi trois personnes ont été tuées et une 4e blessée.

Son ami ne l'avait pas pris "au sérieux"

L'auteur des tirs devait être présenté à un juge d'instruction samedi après-midi, a indiqué lors d'une conférence de presse le procureur-adjoint d'Aix-en-Provence, Denis Vanbremeersch. L'ami parisien qu'il avait désigné comme pouvant agir de manière similaire, également placé en garde à vue, devait lui être relâché.

"Il est établi que l'un et l'autre, adeptes de jeux vidéo en ligne, communiquaient régulièrement, au téléphone ou par Skype, et ce depuis cinq ans. Depuis quelques mois, l'intéressé se serait ouvert à cet ami parisien de son projet criminel. Celui-ci n'aurait pas pris ses déclarations au sérieux et assure l'avoir mis en garde", a déclaré le procureur.

L'arme de la tuerie avait été enterrée

La fusillade s'est produite dans un lotissement tranquille, où le garçon, venu d'un quartier HLM voisin, a d'abord ouvert le feu sur deux voisins de 35 et 45 ans. Il a ensuite marché quelques centaines de mètres avant de tirer dans le pare-brise d'un véhicule, d'y monter et de demander à la conductrice de le conduire à Paris. "La dame s'y est refusée, disant qu'elle préférait mourir. Ça l'a peut-être désarçonné et il est ressorti pour intercepter un second automobiliste", a précisé Denis Vanbremeersch.

Dans cette voiture, une rafale est fatale au conducteur d'une soixantaine d'années. La première conductrice, blessée à l'oreille, "semble n'avoir eu la vie sauve que par miracle", a relevé le procureur.

Selon lui, la Kalachnikov avait été enterrée. "Entre le lieu où il avait enterré l'arme et le lieu des faits, il y a une certaine distance où il dit s'être promené l'arme à la main sans la dissimuler. On suppose qu'il n'a rencontré personne puisque aucune alarme n'a été donnée".

Le fusil d'assaut avait été acquis sur internet selon le tireur, un passionné d'armes qui aurait pris l'habitude d'en rechercher des démilitarisées pour les remettre en état de marche. Il "n'apporte pas d'explication" à ce jour, soutenant n'avoir "aucune conviction politique et religieuse".

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