BFMTV

Eva Sandler, mère et épouse de victimes de Merah: "Il aurait fallu rayer le mal"

Eva Sandler, mère de Gabriel et Arié et épouse de Jonathan Sandler, tous trois assassinés par Mohamed Merah le 19 mars 2012, s'est exprimée ce jeudi soir sur BFMTV. Elle intervenait après qu'Abdelkader Merah et Fettah Malki ont été condamnés pour associations de malfaiteurs terroriste par la cour d'assises spéciale de Paris.

Le 19 mars 2012, dans la cour de l'école Ozar Hatorah à Toulouse, Mohamed Merah fauchait sous ses balles Myriam Monsonégo ainsi que Jonathan Sandler et ses deux fils, Gabriel et Arié. Eva Sandler était l'épouse de Jonathan Sandler et la mère des deux petits garçons. Elle est venue témoigner sur notre plateau ce jeudi après qu'en fin de journée, la cour d'assises spéciale de Paris a condamné le frère de Mohamed Merah, Abdelkader, pour association de malfaiteurs terroriste mais ne l'a pas reconnu coupable de complicité dans les assassinats de son cadet.

Un verdict "assez décevant"

Il a reçu une peine de vingt ans de réclusion criminelle dont une période de sûreté des deux tiers. Fettah Malki, condamné également pour association de malfaiteurs terroriste, s'est vu quant à lui notifier une peine de réclusion de quatorze ans de prison dont une période de sûreté des deux tiers. C'est l'amertume qui domine chez Eva Sandler devant l'énoncé de ce verdict: 

"C’est assez décevant parce que, bien que je me sois préparée à toutes les éventualités, entendre ce verdict est quand même très très difficile. Il aurait fallu rayer le mal, faire la justice de manière à ce que nos enfants puissent jouer tranquillement dans les cours, dans les cités, jouer à la corde, au ballon, tout en se sentant libres et tranquilles et qu’une maman puisse envoyer ses enfants jouer tranquillement. Pour cela, il aurait peut-être fallu prendre les devants et faire tout ce qu’on peut pour justement établir une justice et pouvoir condamner les coupables", a-t-elle dit. 

"Rappeler le nom des victimes, effacer celui des assassins"

Le parquet devrait-il faire appel, selon elle? Eva Sandler est partagée. "D’un côté, ce procès a été très difficile pour moi, même si je l’ai suivi à distance, donc je pense que faire appel serait encore une difficulté supplémentaire. Quoiqu’il arrive, ça ne me ramènera pas les miens peu importe la peine", a-t-elle d'abord noté. "D’un autre côté, si ça peut montrer qu’il y a une réelle justice et peut-être décourager d’autres assassins potentiels… J’espère éventuellement qu’en faisant appel, ça puisse juste ajouter la peine qui était demandée par le ministère public", a-t-elle ajouté.

Eva Sandler a poursuivi, détaillant la mission qu'elle s'est fixée: "J’ai ma douleur au quotidien et je pense que c’est la même chose pour toutes les familles. L’essentiel pour moi est de rappeler les noms des victimes et peut-être d’effacer celui des assassins."

Robin Verner