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Drame de Millas: une pétition en soutien à la conductrice du car lancée sur Internet

Six enfants ont été tués dans la collision entre leur car et un train à Millas le 14 décembre dernier.

Six enfants ont été tués dans la collision entre leur car et un train à Millas le 14 décembre dernier. - AFP

Une pétition en soutien à la conductrice du car scolaire percuté par un TER il y a une dizaine de jours à Millas a été lancée sur Internet. Un page Facebook est également suivie par plus de 600 personnes.

"Justice!", lance une internaute sur Internet. Une pétition en soutien à la conductrice du car scolaire qui a été percuté par un TER a été lancée sur les réseaux et obtenue plus de 22.000 signatures mardi après-midi. Beaucoup ne veulent pas croire aux premiers éléments de l'enquête sur le drame se basant sur des "constatations matérielles" en faveur de "barrières fermées". La conductrice a, elle, assuré à son patron que le système était levé.

Le 14 décembre dernier, un train et un car scolaire sont entrés en collision à hauteur d'un passage à niveau à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. Six enfants ont perdu la vie. La conductrice de l'autocar, une mère de famille d'une quarantaine d'années, blessée dans l'accident, a été placée en garde à vue et mise en examen pour "homicides et blessures involontaires" le 20 décembre.

"Ne pas juger"

Si les causes de l'accident ne sont pas encore formellement établies, la SNCF et le procureur de la République de Marseille avancent l'hypothèse de barrières fermées au moment du choc. "Comment peut-on nous faire croire que la conductrice aurait pu franchir les barrières fermées alors qu'elle transporte des enfants capables de le constater", s'étonne un signataire de la pétition.

"Une maman ne condamnerait pas à la mort les enfants dont elle a la responsabilité en passant sur une voie ferrée, barrières fermées. Les parents des petites victimes méritent la vérité!", martèle un autre.

Une page Facebook a également été lancée pour soutenir la conductrice du car qui a été laissée libre, sous contrôle judiciaire, et qui est toujours hospitalisée. "Ce qui lui arrive, ça nous a touché, tous les chauffeurs de bus, poids lourds..., explique, à France Bleu, Flora, la créatrice de cette page. Il faut plutôt la soutenir, parce que tant qu'on ne sait pas ce qui s'est passé réellement, il ne faut pas juger."

Témoignages contradictoires

L'enquête sur la collision de Millas devra répondre à une question principale: les barrières du passage à niveau étaient-elles levées ou fermées lorsque le car scolaire a franchi la voie de chemin de fer. Selon les premiers éléments recueillis par les gendarmes, aucune défectuosité n'a été repérée sur le système mécanique, la barrière du passage à niveau aurait donc été fermée lors du passage du car scolaire. Sauf que des témoignages attestent le contraire, comme celui de la grand-mère d'une collégienne blessée dans l'accident.

Afin de connaître la vérité, deux familles de collégiens tués dans la collision vont se constituer parties civiles ce mardi pour avoir accès au dossier et réclamer aux magistrats instructeurs du pôle "accidents collectifs" de Marseille, compétent dans ce type de drame, des demandes d'actes complémentaires.
Justine Chevalier