BFMTV

Document BFMTV - L'ex-bras droit de Guéant confirme les primes en liquide

Daniel Canepa, au micro de BFMTV.

Daniel Canepa, au micro de BFMTV. - -

Le haut fonctionnaire Daniel Canepa, ancien membre du cabinet de Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l'Intérieur, raconte comment se déroulait la remise de primes en liquide chaque mois.

Daniel Canepa a décidé de parler. L'ancien bras droit de Claude Guéant a livré à BFMTV un témoignage inédit sur l'affaire des primes de cabinet du ministère de l'Intérieur, du temps de Nicolas Sarkozy. Alors que la justice cherche à savoir pourquoi le directeur de cabinet d'alors, Claude Guéant, et trois de ses collègues ont touché des espèces normalement destinées aux policiers pour leurs enquêtes, l'un d'eux se confie.

Entre 1.500 et 2.000 euros par mois en cash

Daniel Canepa a rejoint le cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy en mai 2002. Un cabinet dirigé par Claude Guéant, et dont il devient le bras droit. Très vite, sa rémunération pose problème. Daniel Canepa découvre qu'il a perdu 15% de son salaire par rapport à ses précédentes fonctions de préfet. Claude Guéant s'engage alors à compenser cette baisse salariale...

En l'espace de trois mois, une solution est trouvée. Daniel Canepa va recevoir du liquide: entre 1.500 et 2.000 euros par mois en cash. Des espèces non déclarées remises directement par Claude Guéant. "J'allais tout simplement dans son bureau, et il me les remettait", se souvient le haut fonctionnaire.

"Pas du tout l'impression de faire quelque chose d'illégal!"

Cet argent provient des frais d'enquête et de surveillance, versées normalement aux policiers pour payer en liquide leurs indics par exemple. Un détournement qui ne choque pas Daniel Canepa. "Je n'avais pas du tout l'impression de faire quelque chose d'illégal!"

L'homme politique affirme que Nicolas Sarkozy ignorait tout de ce système. Seuls Claude Guéant et le directeur de la police nationale, Michel Gaudin, tous deux placés récemment en garde à vue étaient dans la confidence. Des primes versées en toute discrétion, et à seulement quelques membres de l'équipe. "Nous étions relativement peu au sein du cabinet à toucher ces frais d'enquête, donc ça pouvait, si ça se savait trop, susciter ou des envies, ou des demandes reconventionnelles."

En pleine campagne électorale à La-Seyne-sur-Mer, dans le Var, Daniel Canepa, qui a été entendu comme témoin par la justice, est rattrapé aujourd'hui par le fisc, qui lui réclame plusieurs milliers d'euros.

A. G. I vidéo: A. Pluyette et A. Sarrailh et S.-L. Cohen