BFMTV

"Dix personnes étaient sur moi": deux Dijonnais racontent les affrontements avec des Tchétchènes

Samir et Rachid affirment tous les deux avoir été victimes des expéditions punitives commises par des membres de la communauté tchétchène à Dijon. Ils souhaitent aujourd'hui comprendre les motifs de ces affrontements.

Ils affirment être des victimes de l'une des expéditions punitives de la communauté tchétchène, commise à Dijon ce week-end. Samir et Rachid ont tous les deux été blessés lors des affrontements dans le quartier sensible des Grésilles. Ils souhaitent aujourd'hui comprendre les raisons d'une telle violence.

Barres de fer et battes de baseball

Vendredi vers minuit, une cinquantaine de Tchétchènes arrivent place de la République, en plein coeur de la ville, munis de barres de fer et de battes de baseball. Ils ciblent des commerces tenus par des personnes d'origine maghrébine faisant 10 blessés, selon des sources policières.

Les vêtements tâchés de sang, Samir, âgé d'une quarantaine d'années, raconte avoir été agressé cette nuit-là par "une dizaine de Tchétchènes".

"Il y en a un qui est sorti de je ne sais pas d'où, il m'a donné un croche-pied, je suis tombé", explique-t-il au micro de BFMTV, de retour sur les lieux des affrontements.

Samir, qui s'est reconnu sur les images des violences diffusées sur les réseaux sociaux, a eu le nez cassé et deux côtes fêlées à la suite de son agression. Il a également reçu cinq jours d'Incapacité totale de travail (ITT).

"Plus de dix personnes étaient sur moi"

Rachid affirme de son côté avoir été agressé la nuit suivante, alors qu'il se trouvait dans le quartier des Grésilles avec des amis. Vers 23 heures, une dizaine de Tchétchènes se rendent dans une pizzeria. S'en suit une vive discussion. Plus tard, des individus reviennent et font feu à plusieurs reprises avec une arme longue en direction de l'établissement, selon des sources policières. 

"A chaque voiture, des gens descendent lourdement armés. Ils sont tous habillés en noir, cagoulés. Ils commencent à taper et je suis tombé parterre, plus de dix personnes étaient sur moi", déclare-t-il à BFMTV.

Rachid a depuis des séquelles au dos et est en arrêt maladie. Le frère du gérant de la pizzeria a également été blessé au poumon.

La piste de la vengeance

Aux forces de l'ordre arrivées sur place, les assaillants expliqueront qu'ils sont venus se venger.

Pour le procureur Eric Mathais, on pourrait être face à "une dérive communautariste et raciste, avec une expédition punitive de Tchétchènes, une vengeance, sur des membres de la communauté maghrébine, qui auraient agressé un jeune homme, peut-être dans le cadre d'une affaire de trafic de drogues", a-t-il déclaré.
Esther Paolini avec AFP