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Désormais libre, Patrick Henry va s'installer à Lille

Patrick Henry va s'installer à Lille

Patrick Henry va s'installer à Lille - AFP

L'ancien détenu va s'installer dans un logement de la métropole lilloise prêté par une amie de longue date. Il suivra une chimiothérapie au CHRU de la ville pour soigner son cancer du poumon.

Après avoir obtenu vendredi une suspension de peine pour raisons médicales ouvrant la voie à une sortie de prison, Patrick Henry, détenu depuis 40 ans pour le meurtre d’un enfant, va s’installer dans la métropole lilloise. Et c’est dans la capitale nordiste qu’il suivra un traitement pour soigner son cancer du poumon.

Hospitalisé depuis le mois de mai dans une unité sécurisée de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris, Patrick Henry logera désormais dans un logement proche du CHRU de Lille pour suivre sa chimiothérapie. L’appartement doit lui être prêté par une amie rencontrée il y a 25 ans à la prison de Caen où il était détenu.

Soutien d'un couple d'amis

Cette ancienne visiteuse de prison qui vit à la frontière belge s’est engagée depuis longtemps devant la justice à soutenir Patrick Henry. Possédant plusieurs biens immobiliers à Lille, elle a affirmé lui avoir proposé "un hébergement et une aide financière pour subvenir à ses besoins", lui qui est "dévoré par la maladie". Et de conclure: "Aujourd’hui il veut le silence autour de lui, se soigner le mieux possible, c’est ce qu’il m’a dit", confie-t-elle à France 3 Hauts-de-France.

Ce soutien de longue date semble avoir joué un rôle essentiel dans la libération de Patrick Henry. La justice estime en effet que "la motivation financière, qui a toujours guidé ses passages à l’acte, semble pouvoir être écartée" aujourd’hui car sa "sortie sera entièrement prise en charge sur un plan matériel et financier par un couple d’amis qui le soutient depuis 25 ans".

État de santé "durablement incompatible avec la détention"

Condamné en 1977 à la prison à vie pour le meurtre du petit Philippe Bertrand, 7 ans, Patrick Henry fut un symbole de la lutte contre la peine de mort, échappant de justesse à la guillotine, grâce notamment à la plaidoirie de son avocat, Robert Badinter, lors de son procès.

Libéré sous conditions en 2001, il était retourné derrière les barreaux, après avoir été interpellé en Espagne avec 10 kilos de cannabis en 2002. Patrick Henry avait ensuite présenté plusieurs demandes de libération conditionnelle, jusque-là sans succès. Désormais, son état de santé qui s’est rapidement détérioré a été jugé par plusieurs médecins "durablement incompatible avec la détention". Une situation qui, en accord avec l''article 720-1-1 du code de procédure pénale, a précipité la libération du détenu.

P.L