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Christine Lagarde renvoyée devant la Cour de justice de la République

Christine Lagarde - Directrice du FMI

Christine Lagarde - Directrice du FMI - AFP

Christine Lagarde sera jugée devant la CJR pour son rôle, quand elle était ministre de l'Economie, dans l'arbitrage controversé à plus de 400 millions d'euros accordés à Bernard Tapie. L'actuelle patronne du FMI va contester son renvoi.

Christine Lagarde, actuelle directrice générale du FMI, sera renvoyée devant la Cour de Justice de la République française - seule juridiction habilitée à juger un ministre - pour son rôle dans l'affaire de l'arbitrage Tapie, a annoncé son avocat Me Yves Repiquet, confirmant une information de Mediapart. Christine Lagarde a aussitôt fait savoir dans un communiqué qu'elle allait contester en cassation "cette décision difficilement compréhensible". 

A la fin de l'été 2014, l'ex-ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy avait été mise en examen pour négligence dans ce dossier. En septembre, un non-lieu avait pourtant été requis, mais cette recommandation n'a pas été suivie par les magistrats instructeurs. Christine Lagarde, qui sera jugée pour "négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique" en relation avec un détournement de fonds publics, risque un an de prison et 15.000 euros d'amende. 

Tapie doit rembourser 404 millions d'euros

Bernard Tapie et son épouse, leurs sociétés et leurs liquidateurs judiciaires, ont été condamnés le 3 décembre par la cour d'appel de Paris à rembourser les 404 millions d'euros versés en vertu de l'arbitrage qui avait soldé leur litige avec le Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas. La Cour d'appel avait jugé début février que cette sentence était entachée de fraude.

Le tribunal arbitral avait condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation (CDR), véhicule public chargé de liquider les actifs du Crédit Lyonnais, à verser à Bernard Tapie 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral, soit 403 millions d'euros avec les intérêts.

Le FMI "continue d'avoir confiance"

Christine Lagarde affirme "qu'elle a toujours agi dans cette affaire dans l'intérêt de l'Etat et dans le respect de la loi. Elle considère, comme le parquet général de la Cour de cassation, qu'il n'existe aucune charge qui puisse lui être imputée".

Le FMI, qui représente ses 188 Etats-membres, a affirmé jeudi continuer d'apporter "sa confiance" à sa directrice générale. Le conseil d'administration "continue d'avoir confiance dans les capacités de la directrice générale d'assumer efficacement ses fonctions", a déclaré le porte-parole de l'institution, Gerry Rice, dans un communiqué.

A.-F. L. avec agences