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Chirurgien de Grenoble: les juges enquêtent aussi pour homicide involontaire

Le chirurgien est visé par 27 plaintes.

Le chirurgien est visé par 27 plaintes. - AFP

Les juges d'instruction ont été saisis en juin dernier d'un réquisitoire supplétif pour enquêter sur la mort de Noël Jacquier. Cet homme de 73 ans est décédé en 2017 après avoir été opéré par le docteur Hervé Vouaillat, chirurgien visé par 27 plaintes. La famille de ce patient estime que l'opération n'était pas justifiée.

La famille de Noël Jacquier espère voir avancer les choses. Une procédure pour "homicide involontaire" est désormais en cours dans le cadre de l'affaire du docteur Hervé Vouaillat, ce chirurgien grenoblois mis en cause par d'anciens patients l'accusant de pratiques fautives ayant laissé des séquelles graves. Le parquet de Grenoble a saisi le juge d'instruction d'un réquisitoire supplétif pour enquêter sur la mort d'un homme de 73 ans, a appris BFMTV, confirmant les informations du Parisien.

Le 18 juin dernier, une information judiciaire a été confiée à un juge pour des faits de "blessures involontaires" à la suite de 27 plaintes déposées par des anciens patients du docteur Vouaillat. Mais la famille de Noël Jacquier, ancien patient de ce chirurgien, avait elle porté plainte pour "homicide involontaire". Le parquet a donc saisi le 24 juin dernier les juges de ce réquisitoire supplétif pour que la justice enquête sur ces faits.

Trois expertises

Noël Jacquier est décédé le 4 novembre 2017. Plus d'un mois avant son décès, il avait été opéré par le docteur Vouaillat pour des douleurs au dos. Les examens avant l'opération avaient révélé un problème vasculaire, mais l'intervention n'avait pas été annulée. "Il s'en est remis en toute confiance au médecin", fait savoir Me Hervé Gerbi, l'avocat de la famille Jacquier. Après l'opération, Noël Jacquier a dû être évacué en urgence après que son état de santé s'est dégradé. Il a d'abord été amputé d'une jambe avant de succomber à une infection généralisée.

La famille du septuagénaire a commencé à douter de la nécessité de l'opération dès la dégradation de son état de santé. Elle a fait réaliser trois expertises par des spécialistes en neuro-chirurgie, en neurochirurgie et du rachis. Tous ont eu la même conclusion, selon le conseil de la famille Jacquier: "Les expertises concluent à l'inutilité de l'opération." Sur ces éléments, la famille a donc déposé plainte pour "homicide involontaire". 

Procès en diffamation

Dans le même temps, Me Hervé Gerbi souhaiterait que la justice enquête également pour des faits d'"escroquerie aggravée", "au regard de certains éléments qui ressortent de l'enquête de la Caisse primaire d'assurance maladie, du Conseil de l'Ordre des médecins et des premiers éléments de l'enquête préliminaire". L'avocat considère que le docteur Vouaillat a facturé des soins injustifiés.

Un procès en diffamation aura lieu le 20 novembre. Le chirurgien a en effet attaqué quatre de ses anciens patients et trois médias pour dénoncer ce que son avocat qualifie de "lynchage médiatique d'une violence inouïe".

Justine Chevalier