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Chambres à gaz: une nouvelle enquête pour contestation de crime contre l'humanité ouverte contre Jean-Marie Le Pen

Jean-Marie Le Pen.

Jean-Marie Le Pen. - Bertrand Langlois - AFP

Au micro de BFMTV-RMC ce jeudi matin, Jean-Marie Le Pen a de nouveau qualifié les chambres à gaz de "détail" de la Seconde Guerre mondiale. La Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne s'est vue confier une enquête.

Des nombreuses provocations de Jean-Marie Le Pen, c'est sans aucun doute celle qui a fait le plus polémique. Quelques heures après avoir réaffirmé sur notre antenne, au micro de Jean-Jacques Bourdin, que les chambres à gaz étaient un "point de détail" de l'Histoire, le président d'honneur du Front national a assumé ses déclarations, répétant qu'il n'avait jamais regretté, "à aucun moment", ses propos de 1987.

Des propos qui ne passent pas aux yeux de la justice. Quelques heures après ces propos, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour contestation de crime contre l'humanité? L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne, selon une source judiciaire consultée par l'Agence France-Presse (AFP).

Le président d'honneur du FN a réitéré jeudi ses propos sur les chambres à gaz, prononcés une première fois en 1987 et volontiers répétés depuis, et qui lui ont valu plusieurs condamnations.

"Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée"

Interrogé sur notre antenne sur la question de savoir s'il regrettait ces propos formulés par le passé, Jean-Marie Le Pen a répondu: "A aucun moment. Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée: que les chambres à gaz étaient un point de détail de la guerre, à moins d'admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz."

A la question de savoir s'il maintenait ses dires, le président d'honneur du Front national (FN): "Je les maintiens parce que je crois que c'est la vérité, et que ça ne devrait choquer personne, qu'on a instrumentalisé cette affaire contre moi en y introduisant un soupçon d'antisémitisme alors que je mets au défi quiconque de citer une phrase antisémite dans ma vie politique."

Ces propos ont déclenché un tollé des associations antiracistes et les condamnations de plusieurs ministres. La présidente du FN, Marine Le Pen, s'est désolidarisée des propos de son père, affirmant être "en profond désaccord sur le fond et sur la forme".

Bernard Cazeneuve condamne

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a de son côté condamné les "propos insupportables" de Jean-Marie Le Pen. Le ministre dit avoir pris connaissance "avec consternation" des propos du président d'honneur du Front national (FN). 

Déplorant que Jean-Marie Le Pen réitère des "propos indignes et contraires aux valeurs de la République", le ministre de l'Intérieur "rappelle la totale détermination du gouvernement à lutter sans relâche contre le racisme et l'antisémitisme et à protéger avec une égale vigilance tous ses citoyens".

"En persistant à présenter de façon odieuse l'existence des chambres à gaz (...) Jean-Marie Le Pen s'expose à être à nouveau poursuivi", insiste-t-il. Le parquet de Paris a indiqué jeudi soir avoir une enquête préliminaire pour contestation de crime contre l'humanité après les propos de Jean-Marie Le Pen.

Jé. M. avec AFP