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"Cette affaire est un mensonge de A à Z": Luc Besson se défend des accusations de viols

Le 18 mai 2018, la comédienne Sand Van Roy déposait plainte contre Luc Besson pour viol. Pendant plus d’un an, le cinéaste s’est muré dans le silence, le temps que la justice se prononce sur ces accusations. En février dernier, le parquet a classé l’affaire sans suite. Dans une interview exclusive accordée à BFMTV, il livre sa version de l’histoire.

"La justice s’est exprimée, maintenant c’est à mon tour." Pendant plus d’un an, Luc Besson a gardé le silence face aux accusations d’agressions sexuelles et de viols qui pesaient sur lui. Mais après neuf mois d'enquête, la plainte de Sand Van Roy, une comédienne belgo-néerlandaise de 28 ans, a été classée sans suite par le parquet de Paris qui n’a pas pu "caractériser l'infraction dénoncée dans tous ses éléments constitutifs".

L’affaire est pourtant loin d’être close car la comédienne a intenté une nouvelle action en justice avec constitution de partie civile qui a débouché, mercredi 2 octobre, sur l'ouverture d'une information judiciaire pour "viols".

Pour la première fois depuis l’éclatement de l’affaire, le producteur a choisi de s’exprimer sur BFMTV afin de donner sa version des faits. Luc Besson reconnaît avoir eu une relation "affectueuse" avec Sand Van Roy. Leur idylle a duré deux ans. Une relation qu’il décrit comme "sincère".

"On s’apportait chacun quelque chose. Je lui offrais de l’écoute, de la tendresse." 

"Jamais violé une femme de ma vie"

Pourtant, cette nuit du 17 mai 2018, quand la comédienne rejoint Luc Besson dans sa chambre d’hôtel du Bristol à Paris, elle est soumise à une relation violente et non consentie, assurait-elle il y a quelque mois face à notre caméra.

"J’ai dit: ‘Arrête, tu me fais mal’. Il ne s’est pas arrêté. Pour moi, il était sadique. Il savait que ça faisait mal, il a vu que je pleurais. J’étais désespérée, je ne savais plus quoi faire, et il a continué."

Le producteur a toujours nié les faits et le martèle encore:

"Cette affaire est un mensonge de A à Z. Je n'ai jamais violé une femme de ma vie. Je n'ai jamais levé la main sur une femme. Je n'ai jamais menacé une femme. Je n'ai jamais contraint physiquement ou moralement une femme à quoi que ce soit", se défend-il. "Je n'ai jamais drogué une femme. Ceci est un mensonge", affirme celui qui se décrit comme "gentil", "sensible", en mal d’affection.

Un "mal-être" qui lui a été révélé par un travail effectué avec un psychologue, explique-t-il.

"J’ai compris que ça venait de l’enfance. Mes parents ont divorcé, j’ai été placé en pension, j’ai souffert d’un manque d’amour et d’une solitude profonde. C’est une souffrance ordinaire mais ça m’a fait du bien de savoir que ça venait de là", confie-t-il.

Pendant des années, pour tromper la solitude, le réalisateur a ainsi, de son propre aveu, enchaîné les aventures extraconjugales.

"Ça m’est arrivé plusieurs fois en 20 ans de mariage. J’ai rencontré des femmes qui m’ont donné de la tendresse". Avec Sand Van Roy, "on se retrouvait sur ce manque d’affection. C’est ce qui nous liait".

"J'ai commis des erreurs"

Dans cette recherche perpétuelle d’affection, Luc Besson admet que certaines de ses attitudes aient pu "incommoder" des femmes.

"Je suis tactile et gentil. Dans mon environnement, 90% des gens sont comme ça. Ça n’a jamais été inapproprié, en tout cas, pas de façon volontaire. Mais je comprends qu’on puisse l’avoir mal pris. Si j’ai eu un comportement qui a pu gêner quelqu’un, je m’en excuse, c’était involontaire. Maintenant, je ferai attention."

A 60 ans, Luc Besson dit regretter cette relation avec la comédienne "parce qu’il y avait un rapport de subordination; même si je ne l’ai pas vécu comme ça, c’est une évidence". Et de poursuivre, ému aux larmes:

"L’adultère ne m’arrivera plus. Cette histoire m’a permis de me mettre face à mon mensonge. J’ai commis des erreurs, j’ai menti à mon épouse et à mes enfants, c’est ce qui me fait le plus mal", glisse-t-il d’une voix chevrotante. "J’espère qu'elle (Sand Van Roy, ndlr) arrivera elle aussi à se libérer de son mensonge, ça lui fera du bien", ajoute-t-il.

"À la disposition de la justice"

Avec l'ouverture de cette nouvelle information judiciaire pour "viols", le cinéaste n'en a donc pas fini avec la justice. Dans cet entretien avec Apolline de Malherbe, enregistré avant l'ouverture officielle de cette nouvelle enquête, Luc Besson envisageait déjà cette éventualité et se disait alors "à la disposition de la justice", tout en précisant que "pendant ce temps-là, mes enfants souffrent, moi je souffre".

Huit autres femmes accusent également le réalisateur du Grand Bleu de gestes déplacés, voire d'agressions sexuelles, dans des témoignages recueillis par Mediapart, pour des faits en grande partie prescrits. Une enquête préliminaire visant le cinéaste est par ailleurs toujours ouverte à Paris depuis le mois de février pour examiner les accusations d'une neuvième femme interrogée par le site d'information, et qui n’a pas encore été entendue par les enquêteurs, selon une source proche du dossier citée par l’AFP. Mais là encore, Luc Besson réfute les accusations:

"Ces femmes parlent de situations que je ne connais pas."
Apolline de Malherbe avec Ambre Lepoivre