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Carlton de Lille: dans la tête de DSK

Dominique Strauss-Kahn en février 2013, à Paris.

Dominique Strauss-Kahn en février 2013, à Paris. - Kenzo Tribouillard - AFP

L'ancien patron du FMI comparaît à compter de ce lundi dans l'affaire dite du Carlton de Lille. Poursuivi pour proxénétisme aggravé, DSK, qui a connu la descente aux enfers après avoir été adulé, se présente "combatif" sur le banc des prévenus, selon son biographe, Michel Taubmann.

Un homme métamorphosé, mais toujours "combatif". Alors que Dominique Strauss-Kahn doit comparaître à partir de 14 heures, ce lundi, sur le banc des prévenus aux côtés de treize autres personnes, dans l'affaire de proxénétisme dite du Carlton de Lille, son biographe, le journaliste Michel Taubmann, a décrit sur BFMTV un homme transformé, "qui a perdu sa position sociale", mais prêt à se battre.

Un procès dur à vivre pour l'ancien n°1 du FMI

Selon Michel Taubmann, seul journaliste à avoir maintenu un lien avec DSK pendant ces quatre dernières années, l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) redoute ce procès, notamment parce que les débats s'annoncent désastreux pour son image, mais aussi parce qu'il représente une étape supplémentaire dans sa longue descente aux enfers, entamée en mai 2011 avec l'éclatement de l'affaire du Sofitel de New York. 

"C'est un procès au cours duquel on va étaler sa vie intime, des pratiques sexuelles. C'est quelque chose qui de toute façon est extrêmement douloureux à vivre pour n'importe qui, mais qui le sera beaucoup plus pour lui du fait qu'il a été un homme important", explique Michel Taubmann.

"Quand on vient de Washington, de la direction générale du FMI, des sommets du G20, et qu'on se retrouve sur le banc des prévenus dans une affaire de proxénétisme, c'est évidemment une déchéance sociale. C'est tellement difficile pour quelqu'un qui a été au sommet comme lui, qui a été adulé, qui a été entouré, de comparaître dans une affaire assez minable, puisque c'est une affaire de proxénétisme qu'on dit 'aggravé'", poursuit-il. 

Un homme déchu, qui n'a plus rien à perdre

L'homme qui se présentera à compter de ce lundi devant les juges du tribunal correctionnel de Lille n'a plus rien à voir avec celui qu'il était il y a quatre ans, assure Michel Taubmann. "C'était un homme puissant, le favori de l'élection présidentielle. Aujourd'hui, l'homme qui comparaît est un homme seul, qui a été sanctionné socialement depuis quatre ans", indique-t-il.

Et de poursuivre: "Quelle que soit l'issue de ce procès, c'est un homme qui a perdu sa position sociale, qui a perdu ses réseaux, ses relations politiques. Ce n'est plus un homme politique, donc il n'y a plus d'enjeu politique pour lui, ni d'enjeu médiatique. Il y a juste un enjeu judiciaire et personnel: un homme qui a aujourd'hui 65 ans, et veut en finir avec ces enjeux judiciaires, et pouvoir reprendre le cours de sa vie normalement".

Poursuivi pour proxénétisme aggravé, Dominique Strauss-Kahn risque jusqu'à dix ans de prison. Mais selon son biographe, il se dit prêt à se battre. "C'est quelqu'un d'extrêmement combatif, il l'a montré depuis quatre ans. Il en a pris plein la figure", rappelle Michel Taubmann. Face à ce procès, DSK serait confiant, convaincu qu'il ne sera pas condamné. A 66 ans, il s'apprête à livrer son dernier combat, avant dit-il, de quitter la vie publique.

Adrienne Sigel