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Anne Sinclair "sous l'emprise" de DSK? Elle explique avoir eu "de la difficulté à être en désaccord" avec ses proches

Dans Passé composé (Grasset), la journaliste Anne Sinclair revient sur sa carrière de journaliste et sur sa vie personnelle.

"J'avais toujours dit que je ne ferais pas mes mémoires." La journaliste Anne Sinclair, connue pour ses célèbres interviews politiques dans l'émission 7 sur 7 sur TF1, livre, dans Passé composé (Grasset), le récit de sa vie intime et professionnelle.

Invitée de 22h Max ce lundi soir, elle assure qu'elle trouvait l'exercice "un peu vain" et "narcissique". Mais c'est en voyant ses anciennes émissions qu'elle a décidé de se lancer, afin "de témoigner d'un climat politique, d'une histoire et d'un moment". Mais l'exposé de sa carrière journalistique ne pouvait pas se faire sans celui d'anecdotes plus personnelles.

"J'ai voulu étoffer, parler de l'ensemble de ma vie. Si je parlais de mon enfance, j'allais aussi parler des événements qui ont compté", a-t-elle précisé. Y compris l'affaire Dominique Strauss-Kahn, à laquelle elle consacre 40 pages sur 400, sans en avoir raconté l'ensemble des détails: "Je n'ai pas l'intention de tout dire, un livre personnel ce n'est pas un compte-rendu judiciaire, on n'est pas tenu de tout dire. On est tenu d'être sincère et de dire la vérité. Il reste une part de ce qui m'appartient. Je n'ai pas l'intention d'aller au-delà de ce que je raconte dans le livre."

"Je fais facilement confiance"

Dans ses mémoires, à propos des infidélités de DSK, l'intervieweuse politique écrit: "Je ne savais rien. Je n'ai pas voulu voir et j'ai baigné dans le déni." Elle souligne, ce lundi soir, qu'il fallait qu'elle "essaie d'expliquer ce qui même à [elle] paraît aujourd'hui invraisemblable".

"C'est-à-dire, comment fait-on en effet pour ne pas voir. [...] Je fais facilement confiance, je suis quelqu'un qui aime la vie, qui est enthousiaste, crédule. Jusqu'à être démentie et là je l'ai été sérieusement", a-t-elle précisé.

Lorsqu'elle raconte, également dans son livre, avoir été "sous emprise", elle assure sur notre plateau que cette phrase n'est pas complètement en lien avec son ex-mari et ses infidélités:

"On a rapproché les deux choses. C'est un raccourci médiatique intéressant, mais je racontais une relation que j'ai eue pendant 20 ans, un trait de caractère qui est le mien et que je rapportais aux rapports que j'avais eu avec ma mère. Aux rapports où j'avais de la difficulté à être en désaccord avec des gens qui me sont chers, que j'aime. Ça peut être avec mes enfants, avec mes parents, avec mon conjoint. Mais ça n'a rien à voir avec cet épisode-là. C'est une disposition de caractère dont j'espère m'être affranchie aujourd'hui."

Anne Sinclair l'assure en tout cas: elle aurait pu décider "de ne pas écrire" ses mémoires. Sans "le Covid, le confinement, un moment de désœuvrement où l'on se replonge sur son parcours et sa vie", l'intervieweuse politique ne se serait sûrement pas soumise à cet exercice si intime.

Clément Boutin Journaliste BFMTV