BFMTV

Brétigny: un boulon manquant, selon un rapport SNCF

L'accident de Brétigny, provoqué par la défaillance d'une éclisse, fait encore l'objet de plusieurs enquêtes.

L'accident de Brétigny, provoqué par la défaillance d'une éclisse, fait encore l'objet de plusieurs enquêtes. - -

Un rapport interne à la SNCF, qu'a consulté "Le Figaro", pointe l'absence d'un boulon sur une éclisse au niveau de l'aiguillage à l'entrée de la gare de Brétigny (Essonne), où un train a déraillé, faisant sept morts, le 12 juillet dernier.

Qu'est-ce qui a causé l'accident ferroviaire du 12 juillet en gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne? C'est la question à laquelle tentent de répondre les personnes en charge des trois enquêtes lancées - par la justice et la SNCF - à la suite de la catastrophe qui a coûté la vie à sept personnes.

Mais, si une éclisse est pointée du doigt depuis les premières heures, Le Figaro affirme que la SNCF en sait plus: selon elle, un boulon manquait au moment du déraillement à cette sorte d'agrafe entre deux rails.

Se basant sur un rapport "réalisé par la direction des audits de sécurité pour le compte du président de la SNCF", le quotidien explique que sur les quatre boulons équipant l'éclisse, deux "avaient récemment rompu" et que le troisième n'était pas présent. "L'absence du boulon numéro 3 est sensiblement antérieure au déraillement", préciserait le rapport. Le quatrième, "bien en place", aurait "servi de pivot dans la rotation de l'éclisse" qui s'est retrouvée au coeur de l'aiguillage.

Négligence? Imprudence? Malveillance?

Pourtant, le 4 juillet, soit huit jours avant l'accident, une inspection avait eu lieu et "aucune anomalie n'avait été signalée", précise Le Figaro. Le cheminot chargé de vérifier l'aiguillage explique néanmoins que l'équipement avait déjà été signalé pour un "défaut de nivellement", "depuis de nombreuses années". Il reste désormais aux enquêteurs à déterminer si le boulon manquait avant le 4 juillet ou s'il a disparu après, si l'accident est dû à une négligence, une imprudence, un geste de malveillance... Les hypothèses demeurent nombreuses.

D'autant que, ajoute Le Figaro, de ces réponses dépendra la suite à donner au dossier et notamment aux indemnisations des victimes. Le quotidien s'étonne d'ailleurs d'un courrier reçu par les victimes, expédié par le coordinateur national du dispositif d'aide aux victimes, Philippe Cèbe. Celui-ci évoque déjà l'indemnisation, en indiquant même la marche à suivre pour faire valoir ses droits. Or, exlique un avocat au Figaro, "il ne serait pas raisonnable pour les victimes de régler définitivement" cette question avant la fin des enquêtes administrative et judiciaire. Mieux vaut attendre, explique le juriste, que les responsabilités soient clairement établies.

Méfiance, indique pour sa part un connaisseur du dossier au Figaro, sous couvert d'anonymat: "L'Etat donne l'impression de vouloir éviter que le déraillement de Brétigny ne devienne une affaire."

Le rapport de la SNCF rendu public lundi:

Rapport de la SNCF sur le déraillement du train n°3657 le 12 juillet 2013 à Brétigny publié par Fil_actu

V.D.