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"Avec le TGV elle aurait moins souffert": l'affiche de Robert Ménard n'enfreint aucune loi, selon les juges

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Le tribunal administratif de Montpellier a tranché: la campagne d'affichage controversée de la mairie de Béziers, qui montrait une femme attachée sur une voie de chemin de fer, est bien légale.

Des images choquantes mais pas illégales. Le tribunal administratif de Montpellier a tranché cette semaine: quoique de mauvais goût, la campagne d'affichage controversée menée par le maire de Béziers Robert Ménard en décembre 2017, et qui réclamait l'installation d'une ligne TGV dans la ville, ne viole aucune loi. 

L'affiche polémique montrait une femme attachée sur une voie de chemin de fer, une locomotive à l'approche et le message: "Avec le TGV, elle aurait moins souffert". Si l'image avait tant scandalisé, c'est qu'en juin de la même année, une jeune femme de 63 ans, Emilie Hallouin, mourait de cette façon à Beauvilliers, en Eure-et-Loir. Son mari, suicidaire, l'avait attachée sur les rails avec du ruban adhésif.

Interpellée sur Twitter, Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat en charge de l'égalité entre les hommes et les femmes, avait à l'époque dénoncé une "campagne odieuse venant d'un élu de la République" et saisi le préfet "afin que tous les recours possibles soient étudiés". Une enquête avait été ouverte.

"Pas une promotion de la violence faite aux femmes"

Dans son jugement rendu mardi et publié par la mairie, le tribunal reconnaît que les affiches "ont pu être perçues par certains comme étant d'un humour douteux et provocateur" mais estime qu'elles "ne constituent pas une promotion des violences faites aux femmes".

Selon les juges, aucun élément ne permet non plus de prouver que l'affiche faisait directement référence au drame d'Eure-et-Loir, celles-ci faisant davantage écho à "un univers non-réaliste rappelant un western".

Sur son compte Twitter, la municipalité s'est félicitée d'une "logique victoire judiciaire pour la Ville de Béziers" et Robert Ménard d'un "camouflet" adressé à "l'inquisition en jupons".

Claire Rodineau