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Assauts à Paris et Dammartin: des liens entre les 3 preneurs d'otages tués

Le lieu de la prise d'otages à Vincennes

Le lieu de la prise d'otages à Vincennes - AFP

La traque des auteurs présumés de l'attentat sanglant contre Charlie Hebdo et de la prise d'otages à Paris s'est achevée dans le sang vendredi: les deux frères Kouachi, Amédy Coulibaly, un proche lié aux milieux radicaux islamistes et plusieurs otages ont été tués.

Le GIGN et le Raid ont lancé un double assaut vendredi à Dammartin en Seine-et-Marne et à Paris contre trois jihadistes - les frères Chérif et Saïd Kouachi et Amédy Coulibaly - qui ont été tués après plusieurs heures de confrontation. Peu avant 17 heures, les gendarmes d'élite du GIGN ont lancé l'assaut contre l'imprimerie de Dammartin, dans laquelle les deux tueurs présumés de l'attentat contre Charlie Hebdo, Chérif et Saïd Kouachi, s'étaient retranchés. Simultanément, des détonations d'armes automatiques et de grenades assourdissantes ont retenti, lorsque des policiers sont entrés dans le supermarché casher de la porte de Vincennes.

Un homme caché dans un carton a renseigné la police

En Seine-et-Marne, les frères Kouachi sont sortis de l'imprimerie en tirant à la kalachnikov où ils s'étaient cachés après une course poursuite sur les forces de l'ordre ce qui a entraîné leur neutralisation.

Un homme âgé de 26 ans, que l'on a cru otage, et présent dans l'imprimerie a en fait réussi à se cacher dans un carton et à communiquer avec les forces de l'ordre qui préparait l'assaut. 

Un membre du GIGN a été blessé dans l'opération, mais ses jours ne sont pas en danger.

Chérif Kouachi a affirmé à BFMTV, avoir été envoyé par Al-Qaïda au Yémen. Dans ces échanges, il dit que son voyage au Yémen en 2011 avait été financé par l'islamiste américano-yéménite Anwar al-Awlaki, tué au Yémen lors d'une frappe d'un drone américain le 30 septembre 2011. 

Des otages tués à Paris

A Paris, Amédy Coulibaly, est également soupçonné, d'être l'auteur de la fusillade mortelle jeudi à Montrouge, a été lui aussi tué dans l'opération mais les enquêteurs recherchaient toujours un éventuel deuxième suspect, sa compagne Hayat Boumeddiene, 26 ans. Il existe un "doute" sur sa présence ou celle d'un second preneur d'otages. 

Quelques heures plus tôt, à la suite d'une fusillade l'homme s'était retranché dans le supermarché. Au moins trois otages ont été tuées dès le début de cette prise d'otages et quatre autres sont blessés graves "en urgence absolue.

Deux policiers ont été blessés mais leur pronostic vital n'est pas engagé.

Amedy Coulibaly, qui a contacté BFMTV vers 15h, a assuré avoir "synchronisé" son action avec les frères Kouachi et s'est réclamé du groupe Etat islamique.

Des connexions établies entre les trois hommes

Le preneur d'otages de Paris-Vincennes, Amédy Coulibaly, un délinquant multirécidiviste de 32 ans né à Juvisy-sur-Orge avait rencontré Chérif Kouachi, le plus jeune des deux frères, en détention. Les deux hommes avaient été impliqués en 2010 dans l'enquête sur une tentative d'évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien du Groupe islamique armé algérien (GIA), condamné pour l'attentat à la station RER Musée d'Orsay en octobre 1995 à Paris.

Chérif Kouachi avait bénéficié d'un non-lieu quand Amédy Coulibaly avait été condamné à cinq ans de prison en décembre 2013. Complice présumée du second, Hayat Boumeddiene, 26 ans, est recherchée par les forces de l'ordre.

Les frères Kouachi connus des Etats-Unis

Les frères Kouachi, Français nés à Paris de parents algériens, étaient "depuis des années" sur la liste noire américaine du terrorisme et sur la fameuse "No Fly List" qui interdit à ceux qui y figurent de prendre des vols au départ ou à destination des Etats-Unis.

Chérif était bien connu des services français: surnommé Abou Issen, il avait fait partie de la "filière des Buttes-Chaumont" pour envoyer des jihadistes en Irak, où lui-même entendait se rendre en 2005 avant d'être interpellé. Il avait été condamné pour ces faits en 2008 à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis.

Saïd Kouachi, présenté comme discret, avait aussi voyagé au Yémen, place forte de l'islamisme radical, en 2011 où il s'était entraîné au maniement des armes, ont indiqué un responsable américain et une source française proche du dossier.

Samuel Aufray