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Après l'accord conclu avec le gouvernement, les "gyros bleus" maintiennent la pression

Le mouvement "gyros bleus" se définit comme apolitique et sans bannière syndicale.

Le mouvement "gyros bleus" se définit comme apolitique et sans bannière syndicale. - "Gyros bleus"

Malgré l'accord trouvé entre les syndicats policiers majoritaires et le gouvernement, des policiers, apolitiques et sans bannière syndicale, se rassemblent ce jeudi soir à Paris. Ils entendent dénoncer leurs conditions de travail et exprimer leur colère.

"Les syndicats se sont réunis en intersyndicale pour aborder des négociations difficiles, soit les négociations n'étaient pas difficiles, soit ils sont incompétents", dénonce le Mouvement des policiers en colère (MPC). L'accord trouvé mercredi soir entre les syndicats policiers majoritaires et le ministère de l'Intérieur est loin de satisfaire l'ensemble de la profession. Ce jeudi soir, à 21h30, ceux qui se sont nommés "les gyros bleus" se réunissent place Clémenceau, devant le commissariat du VIIIe arrondissement de Paris.

Lancé il y a quelques jours, après des semaines de mobilisation intense, le mouvement des "gyros bleus" se veut apolitique et sans bannière syndicale. Il avait annoncé ce rassemblement de jeudi avant les négociations de ces derniers jours avec le ministère de l'Intérieur, et a décidé de le maintenir malgré les concessions accordées mercredi soir à la profession. "C'est une broutille par rapport à nos revendications", fait savoir un membre du Mouvement des policiers en colère qui a décidé de s'associer aux "gyros bleus".

"Mieux à faire pour le pouvoir d'achat"

Au terme de deux jours de négociations avec les syndicats Unité SGP, Alliance et UNSA, et après un mercredi "journée noire pour les policiers", Beauvau a accordé une revalorisation salariale, avec une première augmentation de 40 euros par mois dès le 1er janvier. Selon les syndicats, l'augmentation des salaires sera ensuite graduelle et devrait aboutir au bout d'un an à une hausse en moyenne de 120 euros net par mois pour les gardiens de la paix et pouvant aller jusqu'à 150 euros pour les plus hauts gradés. 

"Il y avait clairement mieux à faire au niveau du pouvoir d'achat, s'agace Pierre Erhel, du Mouvement des policiers en colères (MPC) qui soutient les "gyros bleus". Il y a beaucoup de déception que les syndicats, qui avaient réussi à se réunir en intersyndicale, se soient arrêtés aussi tôt."

Conditions de travail, renouvellement des équipements, des commissariats, harmonisation des procédures, prise en compte de la pénibilité du travail de nuit, paiement des heures supplémentaires, création d'un réel statut pour les agents de sécurité (ADS).... La liste des revendications pour un meilleur pouvoir d'achat et plus de reconnaissance pour la profession, recueillies auprès des agents de terrain, est encore longue. 

Justine Chevalier