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Alexandre Benalla a passé sa première nuit en prison

Il a été placé en détention provisoire, tout comme Vincent Crase, pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire. Ce mercredi, la commission des lois du Sénat rend son rapport sur "l'affaire Benalla".

Ce qu'il est désormais convenu d'appeler "l'affaire Benalla" devrait connaître de nouveaux rebondissements ce mercredi, avec la présentation du rapport d'enquête de la commission des Lois. Le premier concerné, a lui, passé sa première nuit en prison.

• Benalla et Crase en prison

Un juge a décidé mardi en fin d'après-midi de placer en détention provisoire l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire, dans l'enquête sur les violences du 1er mai dernier à Paris qui lui vaut d'être mis en examen. Dans les enregistrements diffusés par le site d'investigation Mediapart, Alexandre Benalla et Vincent Crase échangent par téléphone, alors qu'il leur est interdit d'entrer en contact. Il a donc été conduit dans la soirée à la prison de la Santé dans le 14ème arrondissement de la capitale.
Dans la foulée, Vincent Crase, ancien employé de La République en Marche, également mis en examen, a aussi été placé en détention provisoire à la prison de Bois-d'Arcy dans les Yvelines.

• Appel du placement en détention provisoire

"Il n'y a pas de justification à cette révocation", a réagi, à l'issue de l'audience devant le Juge des libertés et de la détention, l'avocate d'Alexandre Benalla, Jacqueline Laffont, annonçant qu'elle avait interjeté appel de cette décision. Un référé-liberté, une procédure pour tenter d'obtenir une remise en liberté de façon plus rapide que par la voie de l'appel, a également été déposé, a précisé la défense de l'ancien salarié de l'Élysée.
"On l'incarcère aujourd'hui pour une prétendue concertation qui aurait eu lieu il y a sept mois. Tout cela est ridicule", a ajouté l'avocate.

• Le très attendu rapport de la commission des Lois

Dès 8 heures, la commission des Lois du Sénat se réunit sous la présidence de Philippe Bas (LR) pour prendre connaissance du rapport de Jean-Pierre Sueur (PS) et Muriel Jourda (LR) et de ses conclusions, soigneusement tenues secrètes, après sept mois d'enquête.
Les récentes déclarations du président Bas comme des rapporteurs ne laissent cependant guère place au doute. Le rapport ne pourra qu'être "sévère" sur les dysfonctionnements dans les services de l'État qui ont pu émailler cette affaire.

• Vers des nouvelles poursuites pour parjure?

À la suite de la publication du rapport, Philippe Bas devrait également soumettre à ses membres une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, tirant "les conséquences éventuelles" en termes judiciaires.
D'après plusieurs membres de la commission, certaines invraisemblances, incohérences, contradictions, voire mensonges sont apparu au cours des auditions. Les rapporteurs estiment notamment qu'Alexandre Benalla a commis un parjure devant la commission, concernant ses liens avec des oligarques russes proches du Kremlin. 
Avec AFP