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Agressions de soldats à Londres et Paris: quand l'uniforme devient une cible

Un militaire en patrouille dans un gare dans le cadre de prévention du terrorisme Vigipirate.

Un militaire en patrouille dans un gare dans le cadre de prévention du terrorisme Vigipirate. - -

Militaires, policiers, gendarmes sont souvent pris pour cibles par les organisations terroristes. Si le phénomène n'est pas nouveau, les exemples de ces derniers jours marquent une recrudescence de ce type d'agressions.

Les récentes attaques de militaires, à Londres le 22 mai ou à Paris samedi dernier, sont des illustrations d'un nouveau mode opératoire d'agressions perpétrées le plus souvent par des individus isolés. Les représentants de l'autorité étatique font, avec les policiers et les gendarmes, des cibles facilement identifiables et à haute portée symbolique. L'uniforme n'est donc plus un bouclier, au contraire. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian ne s'y trompait pas quand il affirmait samedi: "On a voulu tuer un militaire parce qu'il était militaire (...). Un militaire qui assure la sécurité des Français dans le cadre du plan Vigipirate".

Des terroristes "réduits à attaquer des militaires dans le dos"

L'écho médiatique que provoquera l'agression d'un militaire en uniforme engendre un effet d'aubaine pour les "loups solitaires", ces individus qui agissent seuls et de manière imprévisible. Ce type d'agressions est aujourd'hui privilégié par les organisations terroristes, souvent "faute de mieux".

Pour Xavier Raufer, criminologue, les "terroristes islamistes qui étaient capables, il y a cinq ou six ans, de poser une bombe dans le métro à Londres ou à Madrid et de tuer à chaque fois de grandes quantités de personnes, en sont réduits à attaquer dans le dos un malheureux militaire et à lui donner un coup de cutter", analyse-t-il.

Le spécialiste note une "dégénérescence grave de cette tendance fanatique". Une amélioration corroborée par les faits. Selon Europol, aucun attentat islamiste n'a été organisé sur le territoire européen.

Contrairement au soldat britannique décédé des suites de ses blessures, les jours de Cédric Cordier, le militaire français agressé samedi, bien que traumatisé, ne sont pas en danger. Son agresseur est toujours activement recherché par les forces de l'ordre.


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David Namias et Anna Moreau