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Affaire Péchier: pour le père du jeune Tedy, l'anesthésiste "devrait être en prison"

Le jeune Tedy a été victime d'un double arrêt cardiaque à quatre ans sur la table d'opération d'une clinique. Son père réclame que justice soit faite contre l'anesthésiste soupçonné de l'avoir empoisonné, lui et 23 autres personnes.

En 2016, son fils alors âgé de quatre ans est passé tout près de la mort. Alors qu'il se trouvait sur la table d'opération de la clinique Saint-Vincent, à Besançon, pour une intervention des amygdales, le jeune garçon a été victime d'un double arrêt cardiaque de 25 minutes. Il restera quatre jours dans le coma.

Si d'abord cet accident est inexplicable, ce sont les éléments retrouvés sur place qui permettent aux enquêteurs de relier l'affaire de Tedy à celle d'un anesthésiste, le docteur Pécher, déjà soupçonné dans 23 autres cas:

"Ils lui ont fait une prise de sang et c'est là qu'ils ont retrouvé qu'il y avait du potassium dans le sang. Plus la seringue de lidocaïne qui a été saisie à côté... Pour moi il n'y a plus de doute", explique à BFMTV le père de la jeune victime.

"On continuera le combat quoi qu'il arrive"

Six mois après la nouvelle mise en examen de l'anesthésiste, le père de Tedy ne décolère pas:

"Le docteur Péchier devrait être en prison. Il ne devrait pas être dehors. On ressent une incompréhension ce n'est pas normal. Et je ne suis pas le seul, il y a les autres victimes aussi", juge ce père qui peine à digérer la décision de la chambre d'instruction de Besançon en juin dernier de maintenir le docteur sous simple contrôle judiciaire.

De graves séquelles

Trois après les faits, Tedy garde de grave séquelles neurologiques de ces arrêts cardiaques. Son père, lui, continue d'espérer la condamnation de Péchier: "J'ai le dossier de mon petit garçon. On continuera le combat quoi qu'il arrive", conclut-il.

Le Dr Péchier est soupçonné d'avoir pollué, de 2008 à 2017, les poches de perfusion de 24 patients, âgés de 4 à 80 ans, pour provoquer des arrêts cardiaques, démontrer ses talents de réanimateur et discréditer ses collègues de la clinique de Besançon avec lesquels il était en conflit.

Célia Genest, David Unal et Manon Fossat