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Affaire Péchier: une collusion entre l'avocat du médecin et le juge dénoncée par les victimes

Frédéric Péchier a été maintenu en liberté mercredi lors d'une audience en appel devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon.

Frédéric Péchier a été maintenu en liberté mercredi lors d'une audience en appel devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon. - AFP

Dans des écoutes téléphoniques, le docteur Péchier relate des liens éventuels entre son avocat et le premier président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon. Les parties civiles réclament des mesures.

Deux jours après l'audience confirmant la remise en liberté sous contrôle judiciaire du docteur Péchier, de nouveaux éléments révèlent une possible collusion entre la défense de l'anesthésiste, soupçonné de 24 empoisonnements, et le juge, premier président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon qui a statué mercredi, a appris BFMTV confirmant une information du Point.

Au cours de plusieurs échanges téléphoniques, Frédéric Péchier fait part à des amis de sa sérénité dans cette procédure qui le vise alors pour sept cas d'empoisonnement. Ces conversations, enregistrées et écoutées par les services de police, datent de 2017, l'anesthésiste est déjà mis en examen mais laissé libre et placé sous contrôle judiciaire.

Possible collusion

En octobre, il évoque avec sa femme un SMS envoyé par son avocat, Randall Schwerdorffer. Ce dernier lui dit avoir rencontré le juge R., premier président de la chambre de l'instruction. Le magistrat "lui a dit qu’il n’était pas du tout persuadé de ma culpabilité". "S’il l’a dit, c’est qu’il pense que je suis innocent mais qu’il ne peut pas le dire ouvertement", note le docteur Péchier. Dans une autre conversation, l'anesthésiste fait état d'une autre rencontre entre le juge et l'avocat.

"Randall était à Lyon, il a revu le juge R. pour lui parler de ma démise en examen, le juge lui a dit qu’il allait être attentif", explique Frédéric Péchier.

Demande d'une nouvelle audience

En août 2017, Frédéric Péchier s'amuse même de ces possibles liens dans un autre échange avec plusieurs interlocuteurs.

"Vu comment ça se passe, le premier truc que je fais quand tout ça sera fini c’est me mettre dans la même confrérie que Randall. Il est franc-maçon, le président de l’ordre des médecins aussi, devenir franc-maçon ça évite les problèmes, dit par téléphone le docteur à plusieurs interlocuteurs. Peut être que le juge R. l’est aussi et peut-être qu’ils sont dans la même confrérie".

Fort de ces révélations, Me Stéphane Giurana indique désormais vouloir exiger que le parquet général se pourvoie en cassation et exige la tenue d'une nouvelle audience devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon avec un autre président pour décider si Frédéric Péchier peut rester en liberté sous contrôle judiciaire.

Cécile Ollivier