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Affaire Péchier: l'anesthésiste "soulagé" d'être maintenu en liberté

Frédéric Péchier

Frédéric Péchier - SEBASTIEN BOZON / AFP

La justice a décidé la semaine dernière de maintenir en liberté sous contrôle judiciaire Frédéric Péchier, médecin anesthésiste de Besançon soupçonné de 24 cas d'empoisonnements. Il a livré son sentiment dans un entretien publié ce jeudi par La Nouvelle République.

Il prend la parole une semaine après la décision de la justice de le maintenir en liberté, sous contrôle judiciaire. Ce jeudi, La Nouvelle République publie un entretien au long cours conduit avec Frédéric Péchier, le médecin anesthésiste de 47 ans, de Besançon, soupçonné de 24 empoisonnements entre 2008 et 2016, dont neuf morts. 

Il a évoqué son maintien en liberté, qu'il a décrit comme "un soulagement": "Ils ont maintenu le contrôle judiciaire, dans les mêmes conditions, sans même l’alourdir, malgré tout ce qui avait pu être dit." Il a alors justifié la sentence: "Sur les vingt-quatre cas que l’on me reproche, s’il existait la moindre preuve matérielle ou le moindre témoignage, je ne serais pas là."

Il a confirmé la présence des parties civiles lors de cette audience à huis clos: "C’était bien qu’elles soient là. Il n’y a pas eu d’accrochage, ni de prise à partie. Certains ont réagi, ils ont été rappelés à l’ordre par le président qui les a menacés d’exclusion, c’était lors des plaidoiries de mes avocats, mais pas quand je me suis exprimé."

"Mon avenir est catastrophique"

Selon lui, le dossier à son encontre est faible:

"Ce que je retiens, c’est que le dossier n’est pas si clair que ça et qu’il n’y a pas de preuves de ma culpabilité. Vous pensez bien que sinon, je serais en détention. Sur les vingt-quatre cas que l’on me reproche, s’il existait la moindre preuve matérielle ou le moindre témoignage, je ne serais pas là."

Cependant, le Bisontin, qui réside actuellement dans la Vienne conformément au souhait de la justice, ne se fait pas d'illusion sur son avenir en tant qu'anesthésiste:

"Mon avenir est catastrophique! L’Ordre ne m’a pas interdit d’exercer mais je sais que ma carrière est finie. Je ne ferai plus d’anesthésie, c’est impossible. Comment voulez-vous que je sois serein en endormant un patient, vous allez repenser à tout, au moindre pépin, on va venir me voir. Ma vie professionnelle est foutue, quinze ans d’études pour rien. J’ai le bac en poche pour retravailler, voilà!"

Le parquet général de Besançon va se pourvoir en cassation pour dénoncer son maintien en liberté sous contrôle judiciaire.