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Affaire Narumi: le suspect extradé par le Chili mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire

Nicolas Zepeda, soupçonné du meurtre de son ancienne petite amie japonaise en 2016 à Besançon, assiste à une audience concernant son extradition, le 5 mars 2020 à Santiago

Nicolas Zepeda, soupçonné du meurtre de son ancienne petite amie japonaise en 2016 à Besançon, assiste à une audience concernant son extradition, le 5 mars 2020 à Santiago - Claudio REYES © 2019 AFP

Nicolas Zepeda a atterri à Roissy en fin de matinée et a été conduit directement par les enquêteurs de la police judiciaire à Besançon, où il est soupçonné d'avoir tué son ex-petite amie.

Le Chilien Nicolas Zepeda, soupçonné d'avoir tué son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki en 2016 à Besançon, a été mis en examen pour assassinat ce vendredi après avoir été extradé. Il a été placé en détention provisoire.

"Nicolas Zepeda a été mis en examen du chef d'assassinat de Narumi Kurosaki", a déclaré le procureur Etienne Manteaux, qui va à présent demander le placement en détention de l'homme de 29 ans, lors d'un débat devant le juge des libertés et de la détention (JLD).

Feuilleton judiciaire

Nicolas Zepeda, extradé par le Chili, a atterri à l'aéroport de Roissy en fin de matinée et a été conduit directement par les enquêteurs de la police judiciaire à Besançon, où il est arrivé à 16h40. Cette procédure d'extradition relance un feuilleton judiciaire qui tient en haleine les médias japonais depuis plus de trois ans et demi.

Nicolas Zepeda est l'unique suspect dans la disparition de Narumi Kurosaki, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Il a toujours nié avoir tué la jeune femme et est défendu par Me Jacqueline Laffont, ancienne avocate de Nicolas Sarkozy.

Fils d'un magnat des télécoms

Narumi Kurosaki, une étudiante de 21 ans, vivait sur le campus universitaire de Besançon, où elle a été vue pour la dernière fois le 4 décembre 2016. Nicolas Zepeda, fils d'une riche famille chilienne, était son ancien petit ami. Ils s'étaient rencontrés en 2014 au Japon, où il étudiait. Ce fils d'un magnat des télécoms en était tombé éperdument amoureux et l'avait même présentée à sa famille.

Selon l'enquête, peu avant la disparition de Narumi, les deux jeunes gens avaient toutefois pris leurs distances et l'étudiante japonaise avait débuté une nouvelle relation, suscitant la jalousie de Nicolas Zepeda qui se trouvait alors dans son pays.

Célérité de la justice chilienne

Etienne Manteaux s'était rendu en avril 2019 au Chili avec un magistrat instructeur et deux enquêteurs. Sept mois plus tard, il avait annoncé que l'enquête était "close" et justifiait "la demande d'extradition de Nicolas Zepeda pour qu'il comparaisse devant la cour d'assises de Besançon pour l'assassinat de Narumi Kurosaki".

"La rapidité avec laquelle la justice chilienne, en plus dans un contexte de Covid, a répondu à notre demande d'extradition est exceptionnelle", a salué le procureur Manteaux.

D'après les enquêteurs, Nicolas Zepeda s'était rendu début décembre 2016 à Besançon pour y voir la jeune femme. Le soir du 4 décembre, ils étaient rentrés ensemble dans le logement de Narumi.

Cette nuit-là, selon le procureur, plusieurs étudiants ont entendu "des hurlements de terreur, des cris". Mais "personne n'a prévenu la police".

D'après la géolocalisation de sa voiture de location, le 6 décembre 2016 à l'aube, le suspect s'était rendu dans une zone boisée, à l'est de Dole (Jura), où les enquêteurs pensent qu'il s'est débarrassé du corps. Quelques jours plus tôt, le jeune homme avait acheté des allumettes et un bidon de produit inflammable. Malgré d'importantes recherches, le corps n'a jamais été retrouvé.

JP avec AFP