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Affaire Michel Zecler: qui sont les quatre policiers mis en examen?

D'après leurs dernières évaluations, les policiers mis en cause sont de bons éléments. "Aucun incident particulier" n'a, jusqu'ici, émaillé leur carrière, a précisé le procureur de la République.

Deux d'entre eux ont été écroués, les deux autres placés sous contrôle judiciaire. Les quatre fonctionnaires soupçonnés d'être impliqués dans les violences infligées à Michel Zecler ont été mis en examen dans la nuit de dimanche à lundi. Trois l'ont été pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP)" et "faux en écriture publique". Il s'agit des policiers au cœur de la vidéo de Lopsider.

L'agent soupçonné d'avoir jeté la grenade lacrymogène dans le studio de musique où s'est produit l'agression a, lui, été mis en examen plus tôt dans la soirée pour des "violences volontaires" par PDAP sur Michel Zecler et sur les neuf jeunes qui se trouvaient dans le sous-sol du studio de musique.

Pourtant, leurs dernières évaluations par le corps d'encadrement de la police nationale les décrivent comme de "bons" voire "excellents" éléments. Qui sont ces trois gardiens de la paix et ce brigadier qui n'avaient, jusqu'ici, "aucun incident particulier" sur leur CV, d'après le procureur?

· Un chef de groupe au "sens policier avéré"

Placé en détention provisoire, l'homme qui dirige l'équipe en intervention est un brigadier de 44 ans qui n'a obtenu que d'excellentes appréciations lors de son dernier entretien, en 2019. Dans la police depuis 19 ans, il est décrit comme ayant de "solides acquis professionnels", une "bonne expérience du terrain" et un "sens policier avéré". D'après le rapport, il produit "une bonne activité d’ensemble avec les effectifs placés sous son autorité".

· Un fonctionnaire de 23 ans "discret" et "motivé"

Lui aussi placé en détention provisoire, le plus jeune du groupe n'est âgé que de 23 ans. Il est entré dans la police en 2017 et est décrit comme "discret", de "bonne tenue" et "motivé". Dans de son évaluation en 2020, il est inscrit qu'il "accomplit les missions qui lui sont confiées avec sérieux".

Le deuxième homme mis en examen est âgé de 31 ans. Dans la police depuis 2014, ses bonnes notes reflètent sa "fiabilité", sa "motivation" et ses qualités de "disponibilité" et "d'aptitude au travail d'équipe". Il apporte, selon son évaluation, toute satisfaction dans les missions qui lui sont confiées et a su acquérir "les compétences d’un professionnel du maintien de l’ordre".

Tous trois ont admis, lors de leur garde à vue face à l'IGPN, "que les coups portés n'étaient pas justifiés et qu'ils avaient agi principalement sous l'effet de la peur", a indiqué le procureur de la République. Ils ont invoqué "la panique" provoquée par le sentiment d'être coincés dans l'entrée du studio de musique de Michel Zecler, qui se débattait selon eux.

Ils ont en revanche nié "avoir tenu des propos racistes" alors que la victime a assuré qu'ils l'avaient traité de "sale nègre", une insulte entendue également par "l'un des jeunes" présent dans le sous-sol du studio. Ils réfutent également "le caractère mensonger du procès-verbal".

· Un agent soupçonné d'avoir lancé une grenade lacrymogène

Le quatrième homme mis en cause est un gardien de la paix intervenu sur les lieux dans un second temps, répondant à une demande de renfort de la part de la première équipe. À son arrivée, la scène semble chaotique. Il est soupçonné d'avoir lancé une grenade lacrymogène à l'intérieur du studio, par une vitre brisée, provoquant un important nuage de fumée autour de Michel Zecler.

Mélanie Vecchio avec Ambre Lepoivre