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Affaire Zecler: les policiers ont reconnu que les coups portés "n'étaient pas justifiés"

Les trois policiers qui ont participé au passage à tabac à l'intérieur du studio d'enregistrement ont reconnu en garde à vue avoir porté des coups à Michel Zecler mais les ont expliqué "par l'attitude ce dernier et les circonstances de l'interpellations", selon le procureur de la République Rémy Heitz.

Une semaine après l'agression de Michel Zecler, un producteur de musique noir roué de coups par des membres des forces de l'ordre dans le XVIIe arrondissement de Paris, Rémy Heitz, le procureur de la République de Paris, a apporté plusieurs détails sur le récit livré par les quatre policiers mis en cause lors de leur garde à vue.

Les trois officiers qui ont participé au passage à tabac à l'intérieur du studio d'enregistrement ont reconnu avoir porté des coups à Michel Zecler mais les ont expliqués "par l'attitude ce dernier et les circonstances de l'interpellation".

"Ils ont fini par admettre que les coups n’étaient pas justifiés et qu’ils avaient agi sous le coup de la peur ressentie dans le sas", a relaté Rémy Heitz, évoquant la "panique" que les agents disent avoir éprouvé en ne parvenant pas à "s'extraire des locaux du fait de la résistance de Michel Zecler et de la configuration des lieux et de leur étroitesse".

La mise en examen requise

Le quatrième policier, accusé d'avoir jeté la grenade lacrymogène dans la pièce, a lui aussi expliqué son initiative. "Il a justifié son geste par sa méconnaissance du contexte de l’intervention et par la confusion régnant sur place", a indiqué le procureur.

Les policiers ont tout de même maintenu pour une large part leur récit initial. Ils nient notamment les injures racistes, dénoncées par Michel Zecler et corroborés par un témoin, et assurent avoir cru se trouver dans un hall d'immeuble ouvert au public et non dans des locaux privés.

La mise en examen des quatre officiers de police a été requise par le parquet de Paris ainsi que la détention provisoire pour trois d'entre eux. Un placement sous contrôle judiciaire a été requis à l'encontre du quatrième, accusé d'avoir lancé la grenade anti-émeute dans le local privé où se trouvait le producteur. Un juge d'instruction va enquêter sur l'ensemble de l'affaire.

Clément Boutin Journaliste BFMTV