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Affaire Maëlys: Le suspect mis en examen pour meurtre précédé d'un crime, annonce le procureur

Ce jeudi, l'affaire Maëlys a connu de nombreux rebondissements. Le suspect a été auditionné par les enquêteurs, alors qu'au même moment la justice décidait d'effacer du dossier les retranscriptions écrites des quatre premiers interrogatoires.

A l'issue d'une journée d'audition, Nordahl Lelandais, le suspect dans le cadre de l'affaire Maëlys, a été mis en examen pour meurtre précédé d'un autre crime, celui d'enlèvement, par les trois juges d'instruction. Le procureur de la République de Grenoble l'a annoncé lors d'une conférence de presse ce jeudi soir. Le suspect - "très calme" lors de son audition - nie toujours les faits qui lui sont reprochés. 

"A ce jour l'enfant n'a pas été retrouvée"

Le procureur de Grenoble Jean-Yves Coquillat a d'abord rappelé les faits, et a évoqué les derniers développements judiciaires, notamment l'effacement ce même jour de retranscriptions de quatre auditions du dossier, à cause d'un défaut d'enregistrement vidéo. Alors que les gendarmes ont ouvert une nouvelle phase de recherches ce même jour, il a expliqué en préambule: "A ce jour, l’enfant n’a pas été retrouvée."

Puis le procureur de Grenoble a déroulé la chronologie de la soirée du 26 au 27 août, au cours de laquelle la petite Maëlys, neuf ans, a disparu au cours d'une fête de mariage, telle quelle a été établie par la justice. Cette trame a été fixée grâce à des images de vidéo-surveillance, des témoignages, et des éléments d'investigations portant sur l'activité du téléphone de Nordahl Lelandais.

Rappelant les trois allers-retours du mis en examen durant cette nuit qui concentre toute l'attention, Jean-Yves Coquillat a posé: "La disparition de Maëlys a été fixée à 2h45, grâce à des témoignages évoquant les chansons diffusées durant la fête, celui du disc-jockey." "Cette disparition à 2h45 est contestée par le suspect qui dit qu’elle a disparu plus tard", a ajouté le procureur de la République. 

Une chronologie méticuleuse 

L'examen, extrêmement précis, du téléphone portable du suspect a permis de dégager un seconde chronologie, essentielle pour le déroulement de l'enquête. A 2h46 et douze secondes, ce 27 août au petit matin, le suspect mettait son portable en mode avion. A 2h47, une caméra de vidéosurveillance de Pont-de-Beauvoisin, la commune iséroise où se tenaient les festivités, filmait le véhicule du suspect, identifiée comme telle en raison du modèle de la voiture et de la présence, entre autres, d'autocollants. A l'avant, on voit une "silhouette frêle, dans une robe blanche", selon les mots du magistrat, confirmant les informations de BFMTV.

A 3h24 et 29 secondes, la même caméra capte la même voiture en sens inverse: la silhouette blanche n'est plus à bord. A 3h25 et 58 secondes, le suspect désactive le mode avion. Une seconde après, son téléphone portable borne du côté de la salle des fêtes. A 3h57, le véhicule du suspect est à nouveau filmé, sur le trajet de son domicile. L'homme qui intéresse tant les enquêteurs bascule encore son téléphone en mode avion. 

Ce sont ces éléments qui ont été exposés ce jeudi au suspect lors d'une audition qui a débuté aux environs de 10h et a été conduite jusqu'à 18h. Il a nié l'ensemble des faits reprochés. Celui-ci a également pu visionner les trois vidéos de caméra-surveillance retenues dans le dossier, en compagnie de ses trois avocats. Il a, là encore, nié, assurant qu'il ne s'agissait "pas de sa voiture" et qu'il "n'était pas là", a relayé le procureur de la République. 

"Si on ne sait pas où chercher..."

Saluant le travail des gendarmes, le magistrat a lancé: 

"L’instruction se poursuit activement. Il sera difficile de retrouver, disons-le, le corps de la fillette si nous ne savons pas où chercher, et la situation est celle-ci. Pour autant, les investigations se poursuivent. Vous l’avez vu aujourd’hui sur le terrain, elles se poursuivront ultérieurement. Les juges d’instruction, les gendarmes qui sont chargés des investigations continuent à travailler d’arrache-pied. L’instruction se poursuivra."

De leur côté, les parents de la petite Maëlys "attendaient des aveux" et sont donc "en colère et déçus", a déclaré son avocat à BFMTV. "Ils avaient la conviction jusqu'à aujourd'hui qu'il y avait des charges accablantes" contre le suspect. Le procureur "a confirmé ce sentiment, mais eux leur priorité, c'est de savoir où est Maëlys."

Robin Verner