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Affaire Grégory: Monique Villemin, la grand-mère du petit garçon, est morte

Monique et Albert Villemin, les grands-parents du petit Grégory, le 10 mai 1988 à Dijon.

Monique et Albert Villemin, les grands-parents du petit Grégory, le 10 mai 1988 à Dijon. - GERARD CERLES / AFP

Âgée de 88 ans, la mère de Jean-Marie Villemin est décédée dimanche à Baccarat, en Meurthe-et-Moselle.

Monique Villemin, la grand-mère du petit Grégory, est morte ce dimanche à Baccarat, en Meurthe-et-Moselle, ont indiqué des sources concordantes à BFMTV confirmant une information de L'Est républicain. Son décès pourrait être lié au coronavirus, indiquent les avocats de la famille. "Depuis plusieurs semaines", sa santé était très dégradée, a précisé Thierry Moser, avocat de Jean-Marie et Christine Villemin, les parents de Grégory.

36 ans après l'assassinat

Avec la mort de Monique Villemin, c'est un pan d'une des plus mystérieuses et retentissantes affaires judiciaires françaises qui disparaît. L'octogénaire était la grand-mère de Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps sans vie avait été retrouvé le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière des Vosges à quelques kilomètres du domicile familial de Lépanges-sur-Vologne.

Elle disparaît 36 ans après l'assassinat du petit garçon, qui avait été revendiqué par un mystérieux corbeau dont l'identité n'a jamais été mise au jour.

"Jean-Marie est évidemment triste, c'est le chagrin d'un fils qui perd sa mère malgré les difficultés très intenses qui ont pu exister entre eux à un moment donné", a ajouté Me Moser. Jean-Marie Villemin reprochait à sa mère de détenir des informations sur la mort de son garçon et la soupçonnait de vouloir protéger son fils aîné, Michel. 

Des investigations relancées en 2017

En 2017, 33 ans après les faits, des investigations avaient été relancées pour tenter de résoudre le mystère de la mort du petit Grégory.  Monique Villemin, née Jacob, soupçonnée d'avoir écrit une lettre de menaces anonyme au juge d'instruction Simon en 1989, avait alors été entendue sous le régime de l'audition libre par les enquêteurs aux côtés de son époux Albert. Elle n'avait pas été mise en examen, bénéficiant de la prescription des faits, relatait L'Express

L'octogénaire avait-elle livré tous ses secrets? "Je pense que Monique savait certaines choses en ce qui concerne le crime de Grégory, elle aurait pu faire certaines révélations, mais elle ne l'a pas fait pour des raisons qui lui appartiennent", a estimé Me Moser.

Vers la libération de la parole de la famille?

Frédéric Berna, l'un des avocats de Jacqueline et Marcel Jacob, frère de Monique Villemin, ignore si la mort de cette dernière peut être "un verrou qui saute et qui libère la parole de plusieurs membres de la famille", notamment son époux Albert, le père de Jean-Marie. 

"Est-ce qu'Albert sait certaines choses et aurait été empêché par Monique de dire ce qu'il sait? C'est une supposition, une hypothèse, et est-ce que le décès va changer quelque chose? Je n'en sais strictement rien", a commenté Me Moser.

Selon un avis de décès, Monique Villemin est morte dans un Ehpad à Baccarat (Meurthe-et-Moselle). Elle y avait été admise avec son mari, Albert, il y a environ six mois, selon Philippe Petitgenêt, maire d'Aumontzey (Vosges) où le couple résidait. Elle sera inhumée mardi dans l'intimité familiale.

Mélanie Vecchio avec Clarisse Martin et AFP