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Affaire Grégory: "les résultats ne peuvent incriminer, ni disculper personne"

Christine Chastang-Morand, avocate de la famille Villemin, a exprimé au nom de ses clients sa déception après la révélation par le procureur général de Dijon des résultats des nouvelles analyses ADN.

Christine Chastang-Morand, avocate de la famille Villemin, a exprimé au nom de ses clients sa déception après la révélation par le procureur général de Dijon des résultats des nouvelles analyses ADN. - -

L'avocate de la famille Villemin, qui attendait avec impatience les résultats des nouvelles expertises ADN demandées dans le cadre de l'affaire dite du "petit Grégory", n'a pas caché sa déception face à l'absence de révélation qu'ont montrée les résultats dévoilés par le procureur général de Dijon ce mercredi.

Après les maigres résultats livrés mercredi par les nouvelles expertises ADN menées dans l'affaire Grégory, la famille du jeune garçon tué en 1984 veut garder espoir. "Les résultats ne peuvent incriminer personne, mais pas non plus disculper qui que ce soit", a fait valoir Christine Chastang-Morand, l'avocate de la famille Villemin, sur BFMTV après la conférence de presse du procureur général de Dijon.

Mais la représentante de Jean-Marie et Christine Villemin, n'a pas caché sa déception au vu des résultats des nouvelles analyses ADN pratiquées par le laboratoire Doutremepuich.

Une déception non dissimulée

Ses clients, explique l'avocate, avaient "beaucoup rêvé sur l'ADN des cordelettes qui était au cœur du crime". "On sait que ce n'est pas probant, que ce n'est pas bien exploitable", a-t-elle déploré.

Outre les cordelettes, le problème reste entier concernant l'analyse du reste des vêtements de l'enfant. Maître Chastang-Morand souligne que "n'ont été analysés comparés que les profils ADN extraits". Elle souligne par-là que "n'ont pas pu être analysés des ADN qui n'ont pas pu être retrouvés, mais qui manifestement existaient". Elle pense ainsi à celui de parents qui ont selon toute vraisemblance habillé leur enfant le matin du crime, ou encore à l'ADN de sa nourrice. Pour elle, ces lacunes montrent "les limites, malheureusement, de la science de l'ADN, 29 ans plus tard".

Vers de nouvelles expertises?

Quant à la question de savoir si d'autres expertises peuvent et doivent être menées, cela semble une évidence à l'avocate des Villemin. Elle rappelle qu'en dehors des "ADN partiels qui n'ont pas été identifiés", il reste également à identifier "deux ADN complets, c’est-à-dire mitochondrial et puis des chromosomes X et Y, tant sur le pull-over (de la victime), que sur la lettre qu'a reçue le magistrat instructeur c’est-à-dire très près des faits". "Il va falloir mettre des noms sur ces profils", insiste l'avocate.

D'autres matériels, comme des lettres "antérieures à l'assassinat de l'enfant" ou encore "la lettre de revendication du crime" lui-même, constituent aussi autant de pistes et donc d'analyses à effectuer. Maître Chastang-Morand s'est déclaré d'accord avec la volonté exprimer par le procureur général de "poursuivre les prélèvements au-delà des 280 déjà effectués". Si la déception est donc grande à l'issue des résultats de ces premières analyses, l'affaire Grégory semble loin d'avoir livré tous ses secrets.

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D. N. avec BFMTV