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Accusations de viols: le rapport suisse qui accable Tariq Ramadan

Tariq Ramadan

Tariq Ramadan - Flickr CC

Déjà mis en examen dans trois affaires de viols, en France et en Suisse, l'islamologue est accusé d'attouchements sexuels sur plusieurs de ses anciennes élèves à Genève.

Nouvel élément accablant dans le dossier Tariq Ramadan, deux semaines après sa sortie de prison. Un rapport officiel rédigé par des enquêteurs suisses, et auquel Europe 1 et Libération ont eu accès, appuie les témoignages de plusieurs jeunes femmes, qui affirment avoir été victimes d'attouchements de la part du prédicateur dans les années 1990, alors qu'elles étaient mineures.

Ces témoignages avaient été révélés pour la première fois en novembre 2017 dans les colonnes de La Tribune de Genève, entraînant le début d'une enquête indépendante, dont les conclusions ont été remises aux autorités politiques du canton de Genève le 31 octobre. 

Les faits reprochés se sont déroulés alors que le théologien exerçait en Suisse en tant que professeur de français et de philosophie. Un enseignant qui avait des habitudes peu communes, comme organiser des entretiens individuels, ou inviter ses élèves au restaurant avant de les raccompagner en voiture.

"Sous emprise"

C'est dans ce cadre qu'il aurait fait subir des attouchements à "au moins trois élèves mineures dans les années 1986, 87, 89", détaille le rapport, qui relate des auditions anonymes menées en septembre auprès de ces jeunes femmes. Deux autres élèves de l'islamologue, l'une adolescente à l'époque et l'autre majeure depuis peu, évoquent de leur côté des relations sexuelles consenties mais "sous emprise". 

Mis en examen pour trois viols en France et en Suisse, Tariq Ramadan a été libéré de la prison de Fresnes à la mi-novembre, après dix mois de détention provisoire. Il est soumis à une interdiction de quitter le territoire ainsi qu'à une obligation de pointer au commissariat. S'il nie le viol, l'islamologue a fini par reconnaître des relations sexuelles consenties avec deux plaignantes. 

Sur son compte Twitter, Tariq Ramadan a posté mardi une note énigmatique en forme de mea culpa. "Il y a eu des erreurs, des fautes. Je ne nie rien et rien ne justifie ces dernières. Je sais et je comprends que certains soient troublés, déçus et même fâchés", y-écrit-il. Avant de conclure: "Dieu m'a offert la purification et la résilience, intérieurement et intimement. Certaines épreuves sont des bénédictions."

Claire Rodineau