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Viol présumé: les SMS qui accusent Tariq Ramadan

Selon des experts médicaux, l'état de santé de Tariq Ramadan est compatible avec sa détention.

Selon des experts médicaux, l'état de santé de Tariq Ramadan est compatible avec sa détention. - MEHDI FEDOUACH / AFP

Une nouvelle expertise vient de mettre à jour 399 nouveaux SMS qui remettent en cause la version de Tariq Ramadan. Jusqu'à maintenant, l'islamologue avait toujours prétendu qu'il n'avait bu qu'un simple café avec son accusatrice.

La demande de mise en liberté de Tariq Ramadan a été rejetée ce mercredi, en raison de la divulgation d'une nouvelle expertise informatique. La justice a eu accès au retour d'expertise de l'ordinateur de Tariq Ramadan ainsi que du téléphone portable de la femme qui l'accuse de l'avoir violée dans une chambre d'hôtel à Lyon, le 9 octobre 2009.

Et ces analyses téléphoniques révèlent des éléments qui contredisent la version initiale de Tariq Ramadan. Dans le vieux téléphone de la plaignante ont en effet été découverts 399 SMS compromettants, échangés entre elle et Tariq Ramadan, entre août et décembre 2009. Parmi eux, huit messages datés du 9 octobre 2009, jour du viol présumé. 

"Un tournant majeur" de l'enquête

"Je t'attends en haut", "appelle moi quand tu arrives, tu vas avoir besoin d'une carte pour monter dans la chambre", écrit entre autres Tariq Ramadan à cette femme, parfois dans un vocabulaire salace. 

C'est "un tournant majeur" de l'enquête pour Me Morin, avocat de la plaignante, car il estime que ces SMS tendent à démontrer que la rencontre était prévue, planifiée, et donc qu'il s'est bel et bien passé quelque chose dans une chambre d'hôtel, ce jour-là.

L’expertise met aussi en lumière les messages échangés entre le 10 et le 11 octobre, soit le lendemain du viol présumé. Selon une source proche du dossier, dans ces échanges, la plaignante dit s'être rendue à l'hôpital après leur nuit ensemble, et Tariq Ramadan s’excuse pour sa violence. Plusieurs centaines de vidéos pornographiques ont également été découvertes dans l’ordinateur du théologien.

Une relation consentie?

De son côté, l'avocat de Tariq Ramadan Me Marsigny, défend son client en rappelant qu'il n'est pas jugé pour "parjure" ou mensonge mais pour "viol", estimant que ces SMS ne prouvent en aucun cas qu'il y avait eu viol. Il s'interroge également sur certains messages envoyés par la plaignante.

"Ta peau me manque, tu m’as manqué dès que j’ai passé la porte" lui aurait écrit cette femme d'après les résultats de l'expertise. "Si je passais un mauvais moment je serais (sic) partie".

Pour l'avocat de Tariq Ramadan, ces messages tendres laissent planer le doute sur la nature de la présumée relation. S'agissait-il d'une relation consentie? d'une personne sous emprise? Ce sera à la justice de trancher sur la question.

Jeanne Bulant