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Tariq Ramadan échoue à faire annuler ses mises en examen pour viols

Tariq Ramadan est accusé de viol par plusieurs femmes.

Tariq Ramadan est accusé de viol par plusieurs femmes. - MEHDI FEDOUACH / AFP

Les juges ont rejeté ce vendredi la demande de Tariq Ramadan qui voulait obtenir l'annulation de ses mises en examen en évoquant des contradictions dans les versions des plaignantes.

Accusé de viols, l'intellectuel musulman Tariq Ramadan espérait obtenir l'annulation de ses mises en examen en dénonçant des contradictions dans le récit des plaignantes, mais les juges ont rejeté vendredi sa demande.

Incarcéré depuis le 2 février 

L'islamologue de 55 ans, qui conteste vigoureusement les accusations qui le visent, est mis en examen pour "viol" et "viol sur personne vulnérable", après les plaintes déposées par Henda Ayari, une ancienne salafiste devenue une militante laïque, et une femme surnommée Christelle par les médias. Il est incarcéré depuis le 2 février dans cette affaire qui a fait chuter cette figure aussi populaire que controversée de l'islam en Europe.

Dans une ordonnance de trois pages datée de vendredi, dont a eu connaissance l'AFP, les juges écrivent que Henda Ayari a eu des déclarations "hésitantes" quant à la date et au lieu du viol présumé. Mais, selon eux, "les indices graves ou concordants qui ont présidé à la mise en examen de Tariq Ramadan subsistent". Ils considèrent dès lors "prématurée" une annulation de la mise en examen, puisque des investigations sont toujours en cours.

Dans sa plainte initiale, en octobre 2017, Henda Ayari affirmait avoir été violée au début du printemps 2012, dans un hôtel de l'est parisien. Elle avait ensuite modifié son récit, évoquant la date du 26 mai 2012 et un lieu précis: l'hôtel Crowne Plaza de la place de la République. Mais les récentes investigations ont mis au jour qu'elle se trouvait à cette date à Rouen, au mariage de son demi-frère. Jeudi, lors de sa première confrontation avec celui qu'elle accuse, elle avait dit ne pas pouvoir donner une date précise pour les faits présumés.

En ce qui concerne Christelle, qui affirme avoir été violée le 9 octobre 2009 dans un hôtel à Lyon, les magistrats font valoir que les éléments matériels qu'elle a fournis concernant cette date "se sont révélés exacts" après les investigations, et que ses déclarations réitérées sont "circonstanciées et précises". Là encore, des investigations restent à mener, concernant le déroulement de la soirée, ainsi que des expertises de la personnalité et de la vulnérabilité de la plaignante

R.V. avec AFP