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La demande de mise en liberté de Tariq Ramadan est rejetée

La demande de mise en liberté de Tariq Ramadan a été rejetée après une expertise informatique à charge, rapportent des sources concordantes. Ces éléments tendent à démontrer une relation suivie entre l'islamologue et la plaignante alors que ce dernier a toujours dit avoir seulement bu un café avec elle.

Une série de messages qui mettent à mal la défense de Tariq Ramadan. Les juges d'instruction ont refusé mardi sa troisième demande de mise en liberté après une expertise informatique à charge pour l'intellectuel musulman, incarcéré depuis sept mois en France pour deux viols qu'il conteste, rapportent des sources concordantes.

La version du théologien suisse de 56 ans, qui nie toute relation sexuelle avec la plaignante, est contredite par une expertise remise lundi aux magistrats, a-t-on appris confirmant des informations du Monde. Dans les ordinateurs de Tariq Ramadan saisis à son domicile parisien et le téléphone portable que possédait Christelle* en 2009, les enquêteurs ont retrouvé 399 SMS échangés entre eux entre le 31 août 2009 et le 15 décembre 2009.

Des SMS compromettants

255 messages ont été envoyés par l'islamologue, 155 par la plaignante. 8 d'entre eux ont été échangés le 9 octobre 2009, jour de leur rencontre à Lyon lors de laquelle elle dit avoir été violée dans une chambre d'hôtel. Dans l'un de ses SMS, Tariq Ramadan dit à cette femme, âgée aujourd'hui de 45 ans, "appelle moi quand tu seras en bas, il faut une carte pour monter". Il lui précise encore "j'étais sous ma douche, ma chienne". Le théologien lui a toujours dit qu'ils avaient seulement bu un café, niant toute relation sexuelle.

Pour l'avocat de la défense, l'expertise sur l'ordinateur et les téléphones est déterminante pour l'enquête. Elle établit que la rencontre a été planifiée, mais surtout a fait resurgir des messages datant du 10 et 11 octobre 2009 dans lesquels Tariq Ramadan s'excuse pour sa violence. SMS auquel Christelle répond qu'elle a dû se rendre à l'hôpital après la nuit qu'ils ont passé ensemble.

"C'est des coups, des violences sexuelles, des mots ignobles, d'une vulgarité sans nom. Je hurlais au secours, je hurlais 'non' et plus je hurlais, plus il cognait", a-t-elle témoigné sur BFMTV en novembre dernier.

* Le prénom a été modifié

B.L. avec Cécile Ollivier