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Remise en liberté de Tariq Ramadan: une victime présumée espère une confrontation pour faire la vérité

Tariq Ramadan - Image d'illustration

Tariq Ramadan - Image d'illustration - Mehdi Fedouach - AFP

Mounia espère pouvoir être prochainement confrontée à l'islamologue afin de trouver des réponses.

Au terme de dix mois de détention dans le cadre d'une affaire de viols, l'islamologue Tariq Ramadan a été remis ce jeudi en liberté sous contrôle judiciaire après avoir lui-même plaidé sa cause devant la cour d'appel de Paris.

"Je n'ai pas à fuir, je suis totalement innocent de ce dont on m'accuse. Je vais rester en France et défendre mon honneur" avait-il déclaré lors de son audience. 

Contactée par BFMTV, Mounia, l'une de ses victimes présumées, à réagi à la nouvelle. "Ça a été une surprise, mais également un soulagement" assure cette ancienne escort-girl, qui accuse Ramadan de sévices étalés sur le temps.

"Je pense qu'il a autant le droit que d'autres de se défendre correctement. Jusqu'à maintenant on lui a interdit la parole, on lui a interdit de se défendre et c'est ce que je regrette. J'aurais aimé l'entendre, et j'espère pouvoir être confrontée à lui et pouvoir enfin trouver un dénouement à tout ça. Mes questions restent sans réponses" poursuit-elle. 

Interdiction de quitter le territoire

La remise en liberté de l'islamologue suisse de 56 ans reste cependant soumise au versement préalable d'une caution de 300.000 euros, selon l'arrêt de la chambre de l'instruction rapporté par son avocat Emmanuel Marsigny.

Une fois libéré de la prison de Fresnes où il est détenu, Tariq Ramadan, qui devra remettre son passeport suisse, aura interdiction de quitter le territoire, d'entrer en contact avec les plaignantes et certains témoins. Il devra aussi pointer une fois par semaine au commissariat.

Figure longtemps influente et controversée de l'islam francophone, le professeur Ramadan avait été mis en examen et incarcéré le 2 février pour le viol de deux femmes, Henda Ayari et celle que les médias surnomment "Christelle", dont les plaintes successives ont lancé l'affaire à l'automne 2017.

Hugo Septier