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Tariq Ramadan "a menti parce qu'il n'a pas eu le choix" justifie son avocat sur BFMTV

Tariq Ramadan a reconnu avoir eu des "relations consenties" avec ses accusatrices mais continue de nier les avoir violées. Sur BFMTV ce lundi, son avocat affirme que Tariq Ramadan a été accusé trop vite et demande à nouveau à ce que son client sorte de détention.

"Il a menti pendant près d'un an parce qu'il n' a pas eu le choix" a affirmé l'avocat de Tariq Ramadan sur BFMTV ce lundi soir, avant d'indiquer qu'il avait déposé une quatrième demande de remise en liberté pour son client, accusé de viol par deux femmes.

Ce lundi, après un an de dénégation, l'islamologue a donné une nouvelle version des faits, admettant des relations "consenties" avec ses deux accusatrices alors qu'il niait jusque là avoir eu de quelconques rapports sexuels avec elles.

"Dans cette affaire, on est allés trop vite" affirme Me Emmanuel Marsigny, qui dénonce "un Ramadan bashing". "On l'a accusé, placé en détention sans rien vérifier. Si nous avions eu ces éléments matériels depuis le début, alors on aurait pas été dans cette situation".
"Pour quel motif, alors que Mr Ramadan a reconnu avoir eu des relations sexuelles (...) consenties, pour quel motif le maintenir en détention provisoire aujourd'hui? Il n'y a aucune raison valable" s'interroge son avocat. 

"Son état de santé se dégrade"

Les messages échangés entre l'intellectuel musulman et ces deux femmes "démontrent que les parties civiles ont menti et que les relations sexuelles ont été parfaitement souhaitées, consenties et même par la suite de nouveau recherchées", a déclaré lundi son avocat Me Emmanuel Marsigny à la sortie des deux heures d'audition au tribunal de Paris.

"Son état de santé se dégrade" a encore fait savoir l'avocat de Tariq Ramadan sur BFMTV, précisant qu'il était "détenu dans un cadre médical depuis le mois de février 2018". Interrogé sur les mensonges de son client durant un an, Me Marsigny a reconnu que celui-ci n'aurait pas dû "nier bêtement".

"Mr Ramadan a été interrogé sur des faits datant de 2009 voire de 2012 et il n'a pas été en mesure d'avoir les éléments matériels pour démontrer qu'il n'y avait jamais eu viol. Il est soulagé que l'enquête ait permis d'apporter les éléments matériels qui démontrent qu'il n'y a jamais eu de relation imposée ou forcée" explique l'avocat.

Le prédicateur suisse de 56 ans a été contraint à cette volte-face après la révélation fin septembre de centaines de SMS explicites exhumés d'un vieux téléphone de "Christelle". Sur BFMTV, Me Emmanuel Marsigny a considéré que la parole des hommes mis en cause dans des affaires de viols ou d'agressions sexuelles était "confisquée".

"Depuis ce que l'on a appelé le mouvement de libération de la parole de la femme, il faut aussi penser à la libération de la parole des hommes qui sont mis en cause" a-t-il soutenu. 

En Suisse, Tariq Ramadan est également visé par une instruction pour viol, ouverte mi-septembre à Genève après une plainte d'une femme déposée en avril.

Jeanne Bulant